Chaque année, à la fin du mois de mai ou au début de juin, des personnes de tous âges se réunissent pour dresser des tables devant leurs maisons, dans leurs cours et même dans leurs jardins. Cet événement est connu sous le nom de Fête des voisins. Mais quelle est son origine ? Plongeons dans l'histoire d'une tradition qui, aujourd'hui, rassemble les habitants d'un même quartier dans un esprit de convivialité et de partage.
Un drame à l'origine de l'événement
L'histoire débute à Paris, à la fin du siècle dernier. Atanase Périfan, alors élu du XVIIe arrondissement, est informé d'un événement tragique : la découverte, dans un appartement, du corps d'une dame décédée depuis quatre mois. Prenant pleinement conscience de l'urgence de recréer du lien social, il décide d'agir. En 1999, il teste son idée en installant trois paires de tréteaux au pied de son immeuble. Les débuts sont timides. « À 19h30, une dame arrive. Elle constate qu'il n'y a personne, me dit que c'est nul puis repart », se souvient-il. Pourtant, la magie opère doucement et à 22 heures, les participants ne veulent plus se quitter. Le remède à la solitude vient de naître : un moment partagé autour d'un apéritif.
Atanase Périfan, le précurseur de la Fête
Ce succès repose sur les épaules d'Atanase Périfan. Né d'une mère grecque et d'un père roumain, il a grandi dans une famille où la porte était toujours ouverte. Par ailleurs, ses dix-sept années de scoutisme l'ont conforté dans son besoin de se sentir utile pour les autres. Il est aussi un Oléronais de cœur : c'est sur l'île de Charente-Maritime qu'il a rencontré son épouse et qu'il venait régulièrement en vacances avec ses parents. Persuadé que la générosité est une valeur peu mise en avant, ce précurseur avait déjà créé l'association « Paris d'amis » pour lutter contre l'isolement, avant de devenir le délégué général d'« Immeubles en fête » (une association qui porte la Fête des voisins) en 2003.
Un succès répandu à l'international
Véritablement lancée en 2000 avec l'appui institutionnel de l'Association des maires de France, l'initiative franchit rapidement les frontières avec l'organisation de la première Journée européenne des voisins en 2004. Avant la pandémie du Covid-19, l'événement fédérait jusqu'à 30 millions de participants dans une cinquantaine de pays. En 2025, il remonte progressivement la pente avec 350 000 rassemblements recensés dans 5 000 communes françaises. Au-delà de la fête, ce rendez-vous est devenu, selon Atanase Périfan, le « catalyseur de millions de situations d'entraide ». Une dynamique qu'il a prolongée en 2022 avec le lancement de « L'Heure civique », un dispositif invitant des citoyens bénévoles à rendre de petits coups de main à leurs voisins (courses, nettoyage, tonte de pelouse…). Déjà adopté par plus de 200 mairies, dont près de la moitié dans son département de la Charente-Maritime, ce petit frère de la Fête des voisins prouve que l'entraide reste la plus belle des traditions.



