La Fête des Mai à Nice : une tradition ancestrale
Connaissez-vous l’origine de la Fête des Mai à Nice ? Alors que cette fête a débuté à Nice, plongeons dans ses racines. Ce rituel païen était destiné à honorer Maïa, déesse nourricière de la terre, qui a donné son nom au mois de mai. Au fil du temps, cette tradition s’est transformée pour devenir des moments festifs et des réjouissances populaires symbolisant le renouveau de la nature et l’amour.
Des origines païennes aux célébrations populaires
À Nice, à partir du 1er mai, ces fêtes ont toujours rassemblé ouvriers, artisans, paysans et seigneurs. Les habitants des hameaux voisins parcouraient la campagne en chantant « L’iver es mouòrt e viva lou printems » (« L’hiver est mort, vive le printemps », en niçois). Aujourd’hui encore, la Fête des Mai est une tradition attendue par les familles niçoises et des communes environnantes. La tradition de l’Arbre de Mai est également très importante. Cette coutume consistait à planter un jeune arbre le premier jour du mois de mai. Considéré comme le plus beau de l’année, il était certain qu’au printemps prochain, il donnerait de beaux fruits. À l’époque romaine, les autorités soutenaient ces cérémonies rituelles et encourageaient les plantations d’arbres. Depuis l’Antiquité jusqu’au XVIIIe siècle, il était d’usage de planter l’Arbre de Mai et de fêter le renouveau de la nature en chantant et en dansant autour d’un pin décoré de guirlandes fleuries.
L’évolution de la fête à Nice
Au début du XXe siècle, les municipalités ont décidé de réduire les réjouissances à un seul grand Mai sur les places publiques. À Nice, il a été décidé que la Fête des Mai se déroulerait tout au long du mois de mai aux Arènes de Cimiez. Les Niçois s’y retrouvent pour célébrer le retour du printemps. Des jeunes gens, souvent en habit régional, « tournent le Mai », c’est-à-dire qu’ils dansent autour d’un mât central orné de rubans de couleurs en les croisant puis en les décroisant. Comme l’écrit Robert Marie Mercier sur le site Racines du Pays Niçois : « Ce mât décoré symbolise l’Arbre de Vie que l’on retrouve depuis la nuit des temps dans les traditions européennes. Cet arbre dont les racines sont ancrées au plus profond de la terre rejoint à son sommet le ciel, symbolise le lien entre le ciel et la terre et réalise l’union entre forces telluriques et forces célestes qui animent toute forme de vie. »
Les traditions culinaires et musicales
Cette danse cyclique autour du mât représente la course des saisons autour du soleil. Pendant que des groupes de musique ou de danse traditionnels animent l’estrade située autour du mât enrubanné, les enfants s’ébrouent dans les jardins, les visiteurs s’installent sous les arbres en buvant un « gotou » de vin, dégustant socca, pissaladière ou pan bagnat. Sources : Almanach de la mémoire et des coutumes de Provence par Claire Tiévant (Ed. Albin Michel) et site Racines du Pays Niçois.
Le veto de l’Église et les dictons
En 1700, pour contrer les coutumes païennes, l’Église catholique a fait du mois de Maïa le mois de Marie, donc de la virginité et de l’abstinence. Voilà pourquoi on ne se mariait jamais au mois de mai. D’où un dicton : « Mariage dou mes de mai, flouris tard o jamais » (« Mariage du mois de mai, fleurit tard ou jamais », en niçois). Il existe même un proverbe : « Au mes de maï, si marridon que leis aï » (« Au mois de mai, seuls les ânes se marient », en niçois). Mais la coutume a la vie dure et, si les jeunes ne pouvaient plus planter d’arbres, ils se servaient de ceux en place pour continuer la tradition.
La fête dans les communes voisines
D’autres villes de la région organisent de magnifiques fêtes des Mai, notamment Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes et dans certaines villes du Var où, bien que la coutume soit tombée en désuétude, le « mai » s’est transformé en bouquet dont la nature change l’état d’âme de l’amoureux. Autrefois, le premier dimanche de mai était appelé le « dimanche du romarin ». Ce jour-là, les amoureux déclaraient leur flamme en offrant un bouquet à leur belle. Le romarin, signe d’amour partagé (« Au roumanis, l’amour es au nis »), le thym et le basilic déclarent un amour enflammé, le pampre de la vigne, l’amour qui s’enlace, la feuille de saule, l’amour timide, la feuille de frêne, le désir violent.



