Fitness en plein essor mais pénurie de coachs diplômés
Fitness en plein essor mais pénurie de coachs diplômés

Fitness en plein essor mais pénurie de coachs diplômés

Le marché français des salles de sport ne s’est jamais aussi bien porté : 2,1 milliards d’euros générés et 800 nouveaux établissements créés en 2025. Porté par l’essor du bien-être et de la prévention santé, le secteur attire toujours plus de Français, avec 6,2 millions d’abonnés aux centres de remise en forme. Mais derrière cette dynamique, un défi persiste : le manque de professionnels diplômés. Coachs, professeurs de fitness, éducateurs sportifs ou personal trainers sont aujourd’hui très recherchés. Or, ces métiers ne s’improvisent pas. C’est dans ce contexte qu’Érick Balmy a créé Global Training Formation.

Les métiers du fitness face à une pénurie de talents

L’essor du marché de la remise en forme – salles de sport, associations sportives – crée une forte tension sur certains métiers. Ainsi, les éducateurs sportifs, coachs et personal trainers viennent à manquer, alors même que la demande augmente. Cette pénurie s’explique notamment par la réglementation du secteur. Pour exercer, un diplôme reconnu et une carte professionnelle sont indispensables. Mais ces métiers sont aussi exigeants : ils impliquent souvent des horaires décalés et le maintien d’un bon niveau physique. Le turnover est donc important. Beaucoup de professionnels quittent le secteur après quelques années en raison de la fatigue physique, de la contrainte horaire ou d’un changement de projet de vie.

Deux formations pour deux publics différents

Créé en 2007, Global Training Formation est né de ce constat. Ancien éducateur sportif et dirigeant de centres de remise en forme, Érick Balmy a voulu bâtir un organisme capable de former des profils qualifiés. Aujourd’hui, GTF propose principalement deux cursus. Le premier est le BPJEPS Activité Physique et Sportive de la Forme (anciennement BPJEPS AF). Une formation longue d’environ 10 mois, à temps plein, avec une alternance obligatoire. Elle attire surtout les jeunes en poursuite d’études. Le second est le CQP Instructeur Fitness. Plus court – environ 5 mois – et plus flexible, il attire davantage les personnes en reconversion professionnelle ou souhaitant développer une activité complémentaire. Les apprenants ne viennent pas tous du monde du sport : certains arrivent après le bac, d’autres après des études supérieures dans des domaines différents, d’autres encore après une première carrière. L’admission à ces formations reste toutefois encadrée : certificat médical, formation aux premiers secours et tests physiques sont requis.

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Personal trainer, coaching sportif : des métiers porteurs mais exigeants

Il ne faut pas s’y tromper : les professions de la remise en forme sont certes des métiers « passion », souvent valorisés sur les réseaux sociaux, mais ils restent très exigeants. Derrière l’image séduisante du coach sportif se cachent des horaires décalés, une forte dimension humaine et un travail résolument tourné vers les autres. « Certains idéalisent ces professions », observe Érick Balmy, « mais ce sont avant tout des métiers de contact, de pédagogie et de don de soi ». Pour autant, les débouchés sont nombreux. Le personal training est aujourd’hui le segment le plus dynamique. Plus de 90,2 % des diplômés CQP sont en emploi à l’issue de leur formation, dont 76,3 % dans le métier. Une grande partie choisissent un statut indépendant, parfois en parallèle d’un emploi salarié dans une salle de sport. Quant aux recruteurs, ils ne se limitent plus aux salles de fitness : entreprises, collectivités, associations ou clientèle privée recherchent également ces profils. Beaucoup de diplômés cherchent aussi à compléter leur parcours avec des formations en nutrition, Pilates, prévention santé ou activité physique adaptée, afin d’élargir leurs compétences et leurs débouchés.

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Comment les acteurs du marché tentent de répondre à ces défis

Pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre tout en favorisant l’insertion professionnelle, les organismes de formation jouent sur plusieurs leviers. Chez Global Training Formation, l’alternance joue un rôle central. Le BPJEPS repose sur une immersion en entreprise, ce qui facilite ensuite les recrutements. L’organisme s’appuie aussi sur un réseau de plus de 140 entreprises partenaires en Île-de-France. Autre atout, selon Érick Balmy : l’implantation du centre de formation sur le site d’Aquaboulevard Paris, qui permet aux apprenants d’évoluer dans un environnement adapté. Enfin, le réseau d’anciens élèves constitue également un levier significatif. Certains diplômés sont aujourd’hui managers de clubs, directeurs de salles, préparateurs physiques de haut niveau ou coachs influents. Le parcours de Sébastien Vuillemenot en est un exemple : ancien apprenant chez GTF, il en est aujourd’hui le directeur pédagogique.

Et demain ?

Global Training Formation souhaite désormais poursuivre son développement en région, après une première implantation réussie au Havre en partenariat avec Planète Fitness. L’organisme envisage aussi d’ouvrir de nouvelles formations. Comme l’ensemble du secteur, il doit cependant composer avec des contraintes réglementaires importantes. La certification Qualiopi impose notamment des audits réguliers, tandis que les financements publics, parfois lents à débloquer, nécessitent de disposer d’une trésorerie solide. Enfin, si l’intelligence artificielle commence à modifier les habitudes des apprenants, le secteur reste encore largement dominé par le présentiel. « Les jeunes vérifient davantage les informations en direct », observe Sébastien Vuillemenot, « mais dans nos métiers, la pratique, l’émulation du groupe et le lien humain restent essentiels ». Dans un secteur où la demande progresse plus vite que le nombre de professionnels qualifiés, la bataille de la formation pourrait bien devenir l’un des principaux enjeux des années à venir.