Course des Chancrouns : test de l'enfer des 300 marches entre Arcs et Taradeau
Course des Chancrouns : les 300 marches, un enfer testé

Dimanche 3 mai 2026, j’ai troqué mon stylo de correspondant contre un dossard pour la course des Chancrouns. Entre défi chronométré et quête intérieure, la frontière est fine. Récit.

Un départ sous pression

Tic-tac… Dimanche 3 mai, 9 h 55. La fameuse boule au ventre est au rendez-vous dans le sas de départ de la course des Chancrouns. Chaussettes de compression ajustées, chaussures verrouillées et musique de combat dans les oreilles : me voilà enfin au pied du mur. Mon objectif ? 15 km et 500 m de dénivelé positif. Plus qu’une course, ce sont huit mois de sueur et d’initiation à la discipline qui s’apprêtent à être validés par le verdict du chrono. Le compte à rebours est lancé, la pression monte, les montres GPS s’agitent frénétiquement. Mon cardio affiche déjà près de 100 BPM, c’est l’adrénaline qui fait son effet.

Les premiers kilomètres

C’est parti ! Le groupe s’élance, en marchant d’abord, puis les foulées s’allongent. J’essaie de rester dans ma bulle et laisse partir les leaders, sans risquer le surrégime. Le goudron disparaît progressivement, le trail reprend ses droits. Sur la piste qui relie les Arcs à Taradeau, les écarts se creusent. À l’approche de Taradeau, la pente se cabre brusquement. Le cœur s’emballe et cherche son « second souffle ». Les jambes brûlent mais le moteur tient bon !

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L’ascension des 300 marches

Au niveau de la tour du Taradel, un aiguilleur nous envoie direction l’oppidum, presque 100 m au-dessus de nous, à la verticale. Le tracé emprunte le fameux segment des « 300 marches », bien connu des sportifs locaux. Un escalier artisanal, très raide, dans un sous-bois qui sent le romarin. Comme beaucoup de coureurs, je me mets à marcher pour minimiser les dégâts sur l’organisme. J’arrive au sommet dans la zone rouge, le souffle court. Le cœur tape fort dans la poitrine. Mes statistiques ont pris un sérieux coup dans l’aile ! On est à mi-parcours et le ravitaillement nous attend. Les bénévoles distribuent de l’eau fraîche et de quoi grignoter, dans une ambiance chaleureuse. La forme revient. Il est temps d’attaquer la seconde partie du parcours !

La zone grise et la descente finale

Près de 2 km après le ravitaillement, la lucidité s’étiole. Les groupes de supporters, si importants pour le moral, s’espacent également. C’est la zone grise du trail, là où l’introspection prend le pas sur l’action. Les réserves sont entamées. Je me cale sur un rythme qui me permettra, je l’espère, de finir dans de bonnes conditions. Dans cette solitude au milieu des bois, on ne lutte plus contre les autres, mais contre l’envie de s’arrêter. Enfin, la bascule. Le sommet est derrière, l’arrivée se devine en contrebas. Je lâche les freins dans la descente du cimetière puis dans le vieux village, laissant la gravité faire le travail. Les jambes retrouvent une souplesse inattendue, le compte-tours s’affole une dernière fois dans un sprint libérateur. Je franchis la ligne, non pas pour la médaille, mais pour le frisson du défi accompli !

Après la course : bilan et cause caritative

Après la course. J’arrête ma montre, le verdict tombe enfin : 1 h 50. C’est conforme à mes prévisions. Le vainqueur est, quant à lui, arrivé depuis près de 40 minutes ! Je coupe le moteur et l’adrénaline laisse la place à une saine fatigue après près de 2 heures d’effort. Si mon nom ne figure pas en haut du tableau, l’essentiel est ailleurs. Au-delà de la performance, la véritable victoire réside dans cette ligne de départ bondée où très peu courent pour la gagne. La course des Chancrouns est un événement caritatif. La totalité des bénéfices seront reversés, cette année, à l’association Des Étoiles dans la Mer qui agit principalement pour soutenir la lutte contre le glioblastome, une tumeur cérébrale particulièrement agressive.

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