Cosmétiques : le Parlement européen rallonge les délais pour retirer des substances dangereuses
Cosmétiques : délais rallongés pour retirer des substances dangereuses

Le Parlement européen vote un allongement des délais pour les industriels

Le Parlement européen a adopté ce mercredi une modification du règlement sur les cosmétiques, accordant aux industriels des délais supplémentaires pour retirer les substances dangereuses de leurs produits après leur interdiction. Cette décision, prise à une large majorité, a provoqué la colère des associations de défense des consommateurs et de l'environnement.

Un compromis jugé insuffisant

Selon le texte voté, les fabricants disposeront désormais de 18 mois, au lieu de 12, pour éliminer les substances classées comme cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) de leurs produits. De plus, un délai supplémentaire de 12 mois pourra être accordé dans des cas exceptionnels, portant la période totale à 30 mois. Les eurodéputés justifient ce rallongement par la nécessité de laisser le temps à l'industrie de reformuler les produits sans compromettre leur sécurité ou leur efficacité.

Les ONG dénoncent une mesure qui va à l'encontre de la protection des consommateurs. « C'est un recul majeur pour la santé publique, s'indigne Camille Labrousse, porte-parole de l'ONG Générations Futures. Les substances dangereuses continueront à être présentes dans les cosmétiques pendant des mois, voire des années, après leur interdiction. »

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Réactions des industriels

De leur côté, les représentants de l'industrie cosmétique saluent une décision pragmatique. « Ce délai supplémentaire est indispensable pour garantir une transition en douceur vers des formulations plus sûres, sans perturber l'approvisionnement des consommateurs », explique Jean-Pierre Raffin, président du syndicat des cosmétiques. Il assure que les entreprises s'engagent à accélérer leurs recherches pour trouver des alternatives.

Prochaines étapes

Le texte doit maintenant être approuvé par le Conseil de l'Union européenne, qui représente les États membres. Si celui-ci l'adopte en l'état, la nouvelle réglementation entrera en vigueur dans les six mois. Les associations de consommateurs appellent déjà les États à rejeter cette prolongation, jugée dangereuse pour la santé des Européens.

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