Corinne, 66 ans, atteinte d'un cancer incurable depuis 2023, vit à Nice dans le quartier Lépante. Elle bénéficie de soins palliatifs à domicile, prodigués par des soignants d'Ad'Vitae, et témoigne de son quotidien, entre douleur et joie de vivre. Malgré la maladie, elle reste entourée de sa famille et de ses amis, et se dit « perdue sans eux ».
Un quotidien rythmé par les visites à domicile
Corinne aime parler. Avec Tatiana Wiart, l'infirmière coordinatrice chez Ad'Vitae, avec sa sœur Célia, venue lui rendre visite, et avec ses copines qui continuent de passer dans son appartement. « J'ai des amies magnifiques que je connais depuis 20 ans. Elles viennent me voir pour me changer les idées. On ne parle pas toujours du cancer, et c'est super important pour le moral », explique cette ancienne animatrice bibliothécaire, qui a aussi travaillé aux Galeries Lafayette et participé à la rédaction de la première revue consacrée au ski.
Depuis quelques mois, sa fille et son petit-fils sont venus s'installer chez elle. « Mon fils, également, s'est beaucoup occupé de moi », ajoute-t-elle. Une vie simple, entre la France et l'Espagne, où deux de ses enfants sont nés.
Le soutien essentiel des soignants
Corinne est passée en soins palliatifs après une lourde hémorragie qui l'avait conduite à l'hôpital. Là-bas, « c'était froid » et elle a eu envie d'en finir. Grâce au docteur Bottero, contacté par le centre Antoine Lacassagne, elle a été prise en charge par le réseau C3S, qui a fait appel à Ad'Vitae, prestataire de santé à domicile. « Nous gérons la logistique technique : les ordonnances, la livraison du matériel de perfusion, et le lien entre les différents intervenants », explique Lucile Bufarull, fondatrice d'Ad'Vitae, qui accompagne 350 à 400 patients sur le territoire.
Au fil du temps, une véritable intimité s'est créée avec les soignants. « Je serais perdue sans eux », confie Corinne. Lucile Bufarull souligne : « Il s'agit de redonner au patient sa place d'être humain vivant, et non de simple malade. À domicile, nous avons ce luxe du temps et de l'intimité. »
L'aide à mourir, un choix personnel
L'aide à mourir, désormais autorisée en France, est un sujet abordé sans tabou dans la famille. Corinne commente : « C'est une bonne chose pour ceux qui veulent en finir. » Sa sœur Célia ajoute : « Moi, je veux pas que mes enfants s'occupent de moi, je veux pas être un poids… On verra mais je pense que je choisirai de partir. » Tatiana, l'infirmière, écoute sans commenter.
Lucile Bufarull exprime son inquiétude : « Mon inquiétude est que cette loi devienne un raccourci ou une solution de facilité dans les territoires où les soins palliatifs sont sous-développés. Pourtant, pour les patients, avoir la possibilité de passer ne serait-ce parfois qu'un dernier Noël ou un dernier moment en famille, c'est précieux… »



