Fondée il y a une dizaine d’années, la propriété sise à Saint-Émilion affiche fièrement ses 2 hectares de surface, son caractère familial et sa culture en biodynamie. À sa tête, Fanny Dulong entend développer son image et sa renommée. Le Clos Systey présente plusieurs singularités. Il s’agit sans doute de la plus petite propriété participante en Saint-Émilion, Saint-Émilion grand cru, Lussac Saint-Émilion et Puisseguin Saint-Émilion aux journées portes ouvertes du vignoble, qui durent jusqu’au dimanche 3 mai. Elle est aussi, probablement, l’une des plus récentes. Enfin, la culture de la vigne se fait ici en biodynamie, « on doit être quatre ou cinq sur le secteur », observe Fanny Dulong.
« Le nom de Systey est une référence aux noms des deux fondateurs, ma mère Sylvie qui était œnologue et son associé Stéphan Grawitz, un ami d’enfance, indique Fanny Dulong. Auparavant, ma mère avait une propriété en Bordeaux supérieur, mais le vin était difficile à vendre. Son rêve était d’avoir une propriété à Saint-Émilion. » Ce qui a donc été fait en 2015. Un nouveau départ, sur une propriété plus petite mais avec la volonté de créer un vin d’excellence. « La certification en biodynamie est arrivée en 2018. »
Affaire de famille
Le Clos Systey est véritablement une affaire de famille. L’un des frères de Fanny, architecte, a rénové la maison de la propriété et repensé le cuvier, en utilisant, notamment, du bois de chêne Douglas biosourcé. L’autre, expert en développement numérique, « va nous aider à développer notre site qui est, pour le moment, réduit au minimum ». La jeune femme a, elle, succédé à sa mère à la tête de la propriété, en compagnie de son mari Juan en 2024. « Mais, heureusement, nous avons toujours l’expertise d’œnologue de ma mère », sourit-elle.
La mission de la nouvelle génération est de développer l’image et la diffusion du vin de la propriété, jusque-là uniquement vendu via un distributeur. « Ce n’est pas évident quand on a un grand jardin de 2 hectares avec un potentiel de production de 12 000 bouteilles par an qui n’a jamais été atteint en dix ans. La moyenne est de 10 500. Et l’an passé, nous avons perdu un partie de la récolte, les raisins étaient tous petits. On devrait faire au maximum 6 000 bouteilles. »
« Auparavant, ma mère avait une propriété en Bordeaux supérieur, mais le vin était difficile à vendre. Son rêve était d’avoir une propriété à Saint-Émilion »
Les vins du Clos Systey
La base de la renommée du Clos Systey est son saint-émilion grand cru, le classique (sa pépite) composé de 80 % de merlot, 15 % de cabernet franc et 5 % de cabernet sauvignon, « élevé en barrique pendant quatorze à dix-huit ans, pour être délicat et pas trop boisé. Notre démarche est de ne le commercialiser que lorsqu’il peut être aussitôt consommé, soit pas avant sept ans d’élevage ». Dans une volonté de diversification, un autre vin va le rejoindre, le « S de Systey », « avec le même assemblage mais seulement élevé en cuves inox ». Un vin plus sur le fruit, « pour viser un public plus jeune ». À cela s’est ajouté un crémant, porté par tout l’arôme du sémillon.
Développement et œnotourisme
Parallèlement, Fanny Dulong a commencé à développer l’œnotourisme et à davantage participer à des événements. « C’est la deuxième fois que nous prenons part aux portes ouvertes et nous étions présents au salon Wine Paris. » Elle recherche également des marchés à l’export : « Nous sommes déjà présents en Suisse, Grèce et Espagne. » Avec une idée, doubler la surface à terme, « quand nous nous serons consolidés. » Un autre pari, « mais je crois au renouveau des vins de Bordeaux ».
Clos Systey, 212, route de Rol à Saint-Émilion. Les portes ouvertes des vins de Saint-Émilion se poursuivent ce dimanche 3 mai. Cent dix châteaux sont à découvrir grâce à de multiples dégustations et animations. Tous les renseignements sur le site des vins de Saint-Émilion.



