En bord de Dronne, à Brantôme, le site troglodytique dévoile un musée des vieux outils, un troquet singulier et des cavités rocheuses. Depuis son ouverture en 2023, le Bimbillou Parc ne cesse de s’embellir. Il ne manquerait plus qu’une grotte préhistorique y soit découverte !
Un sauvetage familial
Claude Martinot n’était pas seulement le fondateur des camping-cars Font Vendôme. Il est aussi à l’origine d’un sauvetage : celui du Moulin du Couvent, à Brantôme. En 2023, ce site, au passé étonnant, s’est imposé parmi les curiosités touristiques incontournables du Périgord vert. Une destinée difficilement prévisible dix ans plus tôt, à l’arrivée de Claude Martinot. « Quand il a acheté la propriété, il n’avait rien de précis en tête, on y pique-niquait en famille. Il adorait les outils anciens. Il en a rassemblé plein », raconte Théo Bauchaud-Martinot.
Le bar, accueillant, a complètement changé d’aspect depuis l’ouverture. Philippe Greiller « Sud Ouest » a rencontré ce dernier et son cousin Tom Gilbert, les maîtres des lieux. Le duo se rappelle au tendre souvenir de leur grand-père : « Il avait déjà rénové une grande partie du site quand l’idée a pris forme, en 2021, deux ans avant son décès. » L’idée s’appelle Bimbillou Parc. Sa quatrième saison est lancée.
Événementiel et découvertes
L’expérience ici proposée se situe à la croisée des chemins, entre l’aventure troglo, le musée, le bistrot… Et la grotte préhistorique ? Chut, nous y reviendrons. Les cousins bénéficient d’un renfort familial, embauché en tant que salariée : Nathalie Martinot (au centre) est également une descendante du fondateur. Philippe Greiller Nathalie Martinot, Théo Bauchaud-Martinot et Tom Gilbert (de gauche à droite) présentent le prix que leur a décerné la Société d’encouragement au progrès, en présence du prince Albert II de Monaco.
Le visiteur y découvrira des cavités rocheuses aménagées, où se dévoilent des outils et autres objets datés du XVIIIe au XXe siècle, témoins des métiers d’autrefois : sabots, trieurs à grains, scies, pinces, jouets anciens, verreries, poteries, etc. Il lèvera aussi les yeux au ciel pour apercevoir l’entrée d’une cheminée de 17 mètres, creusée dans le roc afin de conduire le grain jusqu’aux mécanismes de l’ancien moulin.
Enfin, il n’oubliera pas de se désaltérer au troquet. À moins qu’il n’opte pour les bords de Dronne : ici, au pied de la falaise, une vaste pelouse flanquée d’un food truck invite à la détente… Ou pas : « Nous y retransmettrons la Coupe du monde de foot à partir du 16 juin [NDLR : date du premier match de l’équipe de France]. L’été, il y a des concerts les mardis et vendredis. Nous pouvons aussi accueillir des vins d’honneur… »
Maison close et histoire
Autrement dit, la vocation du lieu a beaucoup évolué. Creusée dans le calcaire par des moines bénédictins, une étable troglo modifia ce site naturel dès le XIIe siècle. Quatre cents ans plus tard, un moulin y fut érigé, pour alimenter les environs en farine et huile de noix. Le dernier meunier, M. Bazinet, y a officié jusqu’à l’incendie de 1930… Avant un probable projet de maison close, imaginé sur les cendres du Moulin du Couvent. Le site naturel a évolué au fil des siècles. Ici, la construction d’une maison close aurait été stoppée par la déportation des ouvriers, sous l'Occupation.
« C’était en 1941, retrace Théo. Selon la légende, il s’agissait bien d’un hôtel de passe. La construction, en tout cas, est restée inachevée à cause du STO [NDLR : Service du travail obligatoire de l’Allemagne nazie]. » Les maçons d’alors furent déportés… Et le site abandonné, jusqu’à son acquisition par Claude Martinot.
Recyclage et avenir
À l’orée de sa quatrième saison, le parc a déjà beaucoup changé. « Près de 650 000 euros y ont été investis sans subventions », précise Théo. De l’huile de coude a par ailleurs coulé. Car l’intersaison (1) offre aux cousins l’occasion de valoriser les objets du musée ou de revoir la décoration, dans un souci de recyclage permanent : bidons, tonneaux, bobines… Ici, rien ne se perd, tout se transforme. « Nous en faisons un lieu familial. Par exemple, les enfants peuvent jouer à des jeux anciens en extérieur, toujours avec du matériel de récup’. »
Ce travail paie, avec près de 10 000 visiteurs en 2025 contre 4 800 la première année… Et peut-être du nouveau dans quelques années ? « Ce n’est pas dans nos priorités pour l’instant, mais oui, il y a peut-être une grotte à découvrir sur ce site. Notre grand-père, en tout cas, en était persuadé. » Un Lascaux V à Brantôme et la fréquentation du Bimbillou Parc exploserait. (1) La saison débute à Pâques et s’achève à la Toussaint, avec une grande soirée Halloween.



