Matériau biosourcé et local, le chanvre utilisé en laine ou en béton a des propriétés reconnues dans la construction. Pourtant, le secteur déplore un manque de certification pour certains de ses usages.
Une laine de chanvre aux qualités indéniables
« La laine de chanvre en vrac est un isolant 100 % naturel, sans traitement phytosanitaire, hyperintéressant d’un point de vue thermique et produit localement », présente Corentin Hugault, consultant en matériaux biosourcés chez Karibati et prestataire pour l’association Chanvre Nouvelle-Aquitaine. Cet article est issu du supplément gratuit « Quels matériaux pour construire demain », à retrouver avec le journal « Sud Ouest » du mercredi 22 avril dans les éditions de Dordogne, Gironde, Landes, Pays basque et Béarn, sur sudouest.fr et sur le kiosque.
Pourtant, cette laine, issue d’une plante qui capte le carbone, demande peu d’eau et se renouvelle chaque année, manque de reconnaissance officielle. « Comme il n’y a pas de grands acteurs industriels en France qui se positionnent sur ce marché du vrac, on a aujourd’hui un “vide réglementaire”, un manque de certifications et donc d’assurabilité. Et puis cela joue aussi sur les aides financières qui sont moins faciles à obtenir », développe le consultant, qui défend l’usage de cette fibre dans la région, où déjà 500 hectares sont consacrés à la culture du chanvre, avec un rendement de « 3 tonnes et demie de paille à l’hectare », précise-t-il.
Essais en laboratoire
Car, pour obtenir ce cadre réglementaire, il faut notamment faire des essais en laboratoire, et ce sont des coûts que ne peuvent supporter la dizaine de groupements de producteurs néo-aquitains.
Pour l’association Chanvre Nouvelle-Aquitaine, cette plante est un levier pour la transition écologique dans le bâtiment. Son projet est de développer « une filière en circuit court à taille humaine », avec plusieurs petites chanvrières bien réparties dans la région, pour être au plus proche des chantiers, et avec des investissements relativement limités pour les agriculteurs qui souhaitent se diversifier. Le béton de chanvre, lui, mélange de chaux et de chènevotte – la partie dure de la plante –, qui sert au doublage ou remplissage de parois, n’a pas ce problème de reconnaissance. Il est déjà classé parmi les « techniques courantes » dans la construction.



