Suède : étrangers dissuadés de militer pour le climat
Suède : militants climat étrangers dissuadés

En Suède, une atmosphère de crainte s'est installée parmi les militants étrangers pour le climat. Beaucoup hésitent désormais à manifester leur engagement, redoutant des conséquences graves telles que l'expulsion ou des poursuites judiciaires. Ce phénomène, observé depuis plusieurs mois, inquiète les organisations de défense des droits humains et les associations environnementales.

Un climat de peur grandissant

« Je continue de me mobiliser, mais avec la boule au ventre », confie une jeune militante d'origine étrangère, résidant en Suède. Elle témoigne de la pression croissante exercée sur les activistes non suédois. Les changements législatifs et la rigueur accrue des autorités en matière d'immigration ont créé un environnement où l'engagement citoyen peut être perçu comme un risque. Les militants étrangers craignent que leur participation à des actions de désobéissance civile ou même à des manifestations pacifiques ne soit utilisée contre eux dans le cadre de leur demande de titre de séjour.

Des témoignages alarmants

Plusieurs activistes ont rapporté avoir été interrogés par les services de l'immigration après avoir participé à des rassemblements climatiques. Certains ont reçu des avertissements explicites, les dissuadant de poursuivre leur militantisme. « On nous a dit que notre engagement pourrait être considéré comme un facteur négatif dans l'évaluation de notre dossier », raconte un autre militant. Cette situation a provoqué un effet de dissuasion massif, beaucoup choisissant de se faire discrets ou de quitter le pays.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Réactions des organisations

Les organisations environnementales suédoises, telles que Fridays for Future, ont exprimé leur vive inquiétude. Elles dénoncent une atteinte à la liberté d'expression et au droit de manifester, pourtant garantis par la constitution suédoise. « Nous assistons à une criminalisation de l'activisme climatique, particulièrement envers les étrangers », déclare un porte-parole. Des appels ont été lancés au gouvernement pour qu'il clarifie les règles et protège les militants, mais pour l'instant, aucune mesure concrète n'a été annoncée.

Conséquences sur la lutte climatique

Ce climat de peur a un impact direct sur les mobilisations. Les rassemblements pour le climat en Suède ont vu leur fréquentation diminuer, notamment parmi les participants étrangers. Les militants suédois tentent de compenser, mais ils soulignent que la diversité des voix est essentielle pour une lutte efficace contre le changement climatique. « Nous avons besoin de toutes les énergies, de toutes les origines », insiste une militante suédoise.

Cette situation suédoise n'est pas un cas isolé. Dans plusieurs pays européens, les activistes étrangers font face à des difficultés croissantes. La question de la protection des militants climatiques devient un enjeu majeur pour les défenseurs des droits humains, qui appellent à une harmonisation des pratiques au niveau de l'Union européenne. En attendant, en Suède, la peur continue de freiner l'engagement, et la boule au ventre reste une compagne quotidienne pour beaucoup de jeunes militants étrangers.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale