SOS Racisme accuse la mairie RN de Perpignan de favoriser les discriminations
SOS Racisme accuse la mairie RN de Perpignan de discriminations

SOS Racisme dénonce des pratiques discriminatoires à la mairie de Perpignan

Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, a formulé de graves accusations mardi à Perpignan. Il estime que la municipalité dirigée par le Rassemblement National, sous l'autorité de Louis Aliot, favorise activement les discriminations. Cette déclaration intervient dans un contexte électoral tendu, à quelques semaines des municipales.

Des subventions réduites pour les associations de quartiers

Dominique Sopo a pointé du doigt une stratégie municipale qu'il juge systématique. « Monsieur Aliot et cette majorité municipale se sont efforcés ces dernières années de diminuer les subventions et de retirer des locaux à plusieurs associations », a-t-il affirmé devant la presse. Ces structures, implantées dans les quartiers populaires, œuvrent précisément « contre les discriminations et les inégalités ». Pour le président de SOS Racisme, ces coupes budgétaires et ces évictions constituent une entrave délibérée à leur action essentielle.

Le lancement d'une campagne antiraciste « C'est Louis ou moi »

Dominique Sopo était présent à Perpignan pour soutenir la nouvelle campagne de son association, intitulée « C'est Louis ou moi ». Lancée ce mois-ci, cette initiative propose seize « propositions pour une ville antiraciste ». Elle vise directement la politique municipale en place. Selon lui, le maire sortant et candidat à sa réélection a également « promu des structures qui favorisent un état d'esprit propice aux discriminations ». Il a cité en exemple le Cercle algérianiste, une association dédiée à la mémoire des Français d'Algérie, que certains critiques accusent de nostalgie coloniale.

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Une contre-campagne municipale et des réponses virulentes

La réaction de Louis Aliot n'a pas tardé. Peu après le lancement de la campagne, il l'a qualifiée de « propagande » et a immédiatement initié une contre-offensive. Ses partisans ont répliqué par un tract affirmant « Pour nous c'est Louis », parodiant le célèbre slogan de SOS Racisme. Le visuel emblématique de la main jaune de l'association y est transformé aux couleurs bleu-blanc-rouge, et la légende « Touche pas à mon maire » remplace le « Touche pas à mon pote » historique des années 1980.

Le RN défend son bilan et Louis Aliot reste favori

De son côté, la fédération RN des Pyrénées-Orientales a vigoureusement défendu son action. Dans un communiqué diffusé la semaine dernière, elle a assuré qu'« à Perpignan, personne ne peut sérieusement prétendre avoir été victime d'une quelconque discrimination depuis l'arrivée de Louis Aliot » en 2020. Elle affirme diriger la ville « dans le respect absolu de chaque habitant, sans distinction d'origine, de religion ou de condition ».

Malgré la polémique, Louis Aliot part largement favori pour sa réélection, face à une gauche divisée et une droite minoritaire. Sa campagne est cependant assombrie par une possible décision de justice dans l'affaire des assistants parlementaires. Une condamnation pourrait le contraindre à démissionner quelques mois après le scrutin des 15 et 22 mars 2026, s'il est déclaré inéligible.

Les électeurs de Perpignan devront donc trancher dans un climat de vives tensions, entre accusations de discrimination et défense d'un bilan municipal.

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