Une mobilisation inattendue contre un projet photovoltaïque
La randonnée des Croquants a connu un succès bien au-delà des espérances de ses organisateurs. Alors que Nicolas de Laâge de Meux, propriétaire du château de l'Herm, anticipait la présence d'une centaine de participants, ce sont près de 450 marcheurs qui se sont rassemblés dimanche 19 avril au matin à l'entrée du domaine. Cette forte affluence, multipliée par quatre par rapport aux prévisions, témoigne d'une opposition grandissante à un projet d'installation de panneaux solaires sur 114 hectares à Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac.
Un projet qui inquiète pour l'environnement et le paysage
En présence du maire Philippe Perrier, de Jean-Paul Dubos, président de la Communauté de communes de la Vallée de l'Homme (CCVH), et d'autres élus, Guy Huss, président de l'association Sauvegarde de la forêt Barade, a exposé les raisons de cette manifestation. Nicolas de Laâge de Meux a pris la parole pour alerter sur les conséquences du projet : « Ce qu'il faut savoir, c'est que ce sont des panneaux qui ont une hauteur de six mètres. Ils seraient installés sur une surface de plus de 110 ha, ce qui représente 140 terrains de football, et tout ça pour faire gagner de l'argent aux propriétaires des terrains et à l'opérateur RWE. »
Il a souligné l'évolution inquiétante du projet, initialement prévu sur 16 hectares, puis étendu à 52, et désormais porté à 114 hectares. « Cette implantation aurait de lourdes conséquences sur la disparition des terrains agricoles, des incidences sur le paysage forestier, la biodiversité et l'environnement sur ce lieu emblématique situé au cœur d'un territoire classé Grand Site de France. Ça va tout défigurer, il faut se rendre compte. Votre présence nombreuse ici démontre bien votre attachement à la protection de la nature et je vous en remercie. »
Une opposition unanime des collectivités locales
Après ces discours, un long cortège s'est formé en direction du site d'implantation potentiel, avec un parcours commenté par Nicolas de Laâge de Meux. Parmi les participants, Alain, un habitant de Marsaneix, a expliqué sa motivation : « Utiliser des terres agricoles, détruire la biodiversité et l'environnement, je m'y oppose et c'est la raison de ma présence ici en forêt Barade. » Il a partagé son expérience antérieure en Gironde, près du parc photovoltaïque de Castelnau-de-Médoc, renforçant ainsi ses craintes.
Les collectivités locales ont déjà pris position contre ce projet. Les communes de Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac et de Fossemagne, ainsi que la CCVH, se sont prononcées à l'unanimité en opposition. Cette mobilisation citoyenne et institutionnelle met en lumière les tensions entre le développement des énergies renouvelables et la préservation des espaces naturels et agricoles.



