Pézenas 2026 : un projet municipal alternatif porté par un binôme citoyen et écologique
Dans la perspective des élections municipales des 15 et 22 mars 2026 à Pézenas, Agnès Carlin et Éric Masson ont officiellement présenté leur liste estampillée « citoyenne et écologique ». Arrivés tardivement sur la scène électorale, ces deux candidats rejettent le modèle traditionnel du maire tout-puissant et avancent en binôme, misant sur l'intelligence collective pour transformer la cité piscénoise en une ville résiliente face aux bouleversements climatiques et géopolitiques.
Un engagement né d'une opposition à un projet d'urbanisation controversé
Le point de cristallisation de leur engagement politique réside dans leur farouche opposition au projet d'urbanisation de Saint-Christol. Ce dernier prévoit de bétonner 24 hectares dans une zone inondable, un projet qu'ils qualifient d'« aberration écologique et financière », représentant un coût estimé à plus de 70 millions d'euros pour la commune. Pour Carlin et Masson, les candidats déclarés ne proposent aucune vision cohérente pour l'avenir de Pézenas, ni sur le plan climatique, ni sur le plan urbanistique. Ils entendent donc porter un projet global, respectueux à la fois de l'environnement et des habitants.
Les piliers d'un projet global : mobilité, régies locales et autonomie
Leur projet s'appuie sur les nombreux atouts de Pézenas : des terres agricoles fertiles, la présence du fleuve Hérault, un patrimoine bâti remarquable, une communauté dynamique d'artisans d'art et de brocanteurs. Ils pointent également l'existence de deux anciennes gares et de rails inutilisés, ouvrant selon eux des perspectives pour une mobilité plus intelligente et moins dépendante de la voiture individuelle.
« La future gare dite 'multimodale' n'a rien de multimodal : elle ne prévoit que bus et vélos », déplorent-ils. Ils militent pour une vraie réflexion sur le ferroviaire, notamment en lien avec le futur passage de la ligne TGV à proximité, afin que Pézenas puisse redevenir un nœud de transport local significatif.
La notion de résilience est centrale. Pour y parvenir, ils proposent la création de régies locales, notamment une régie agricole et une régie électrique. Ces structures publiques, déjà éprouvées ailleurs, auraient pour vocation de créer des emplois locaux non délocalisables et de réinvestir les bénéfices dans la commune plutôt que de les verser à des actionnaires privés. Les économies réalisées pourraient ainsi financer la rénovation du patrimoine public ou encore la réparation d'infrastructures comme le toit du cinéma récemment effondré.
Des mesures sociales et participatives pour revitaliser le lien citoyen
Le binôme insiste fortement sur la dimension sociale de leur programme. Ils proposent de revoir à la baisse les tarifs des cantines et des centres aérés, d'instaurer des études surveillées dans les écoles, de mettre en place une aide au permis de conduire en échange d'un service civique municipal et de soutenir activement les clubs sportifs locaux.
Le développement de jardins familiaux est également présenté comme une mesure phare pour créer du lien social et offrir aux habitants des espaces de rencontre et de partage. « Donner un peu de terre aux habitants, c'est créer du lien social », affirment-ils, y voyant une réponse concrète aux tensions sociales.
La démocratie participative n'est pas un vain mot dans leur approche. Ils envisagent une gouvernance collective, allant même jusqu'à évoquer l'idée d'un collège de plusieurs co-maires se relayant et partageant l'indemnité. Ils souhaitent instaurer des conseils municipaux ouverts, des budgets participatifs, et un conseil municipal des jeunes doté d'un budget propre. « Trop souvent, la participation citoyenne se limite à des post-it qui finissent à la poubelle », regrettent-ils, promettant des décisions prises en concertation et suivies d'actions concrètes.
Cinq mesures phares et une vision intégrée
Leur programme se structure autour de cinq mesures principales :
- La création d'une régie agricole et d'une régie électrique pour assurer la souveraineté alimentaire et énergétique.
- Une refonte complète des mobilités (stationnement, pistes cyclables, transports collectifs), incluant même un projet original d'hippobus pour les enfants.
- Le soutien à la culture et aux artisans d'art via une maison culturelle et un label « Qualité Pézenas » pour valoriser les productions locales.
- Le renforcement de la démocratie participative à tous les niveaux.
- Le développement de politiques ambitieuses en faveur de la jeunesse et du sport.
La protection de l'eau, bien commun crucial dans la région, fait également l'objet d'une attention particulière. Ils s'opposent à l'imperméabilisation des sols, préconisent la protection des zones naturelles de rétention et veulent mettre en place des systèmes d'alerte modernes face aux risques de crues soudaines.
Une économie sociale et solidaire au cœur du développement local
L'Économie Sociale et Solidaire (ESS) est placée au centre de leur vision économique. Ils y voient un levier pour créer des emplois durables et renforcer la cohésion sociale, applicable à la culture, l'agriculture ou le tourisme. L'idée d'une régie locative municipale, alternative aux plateformes privées comme Airbnb, illustre cette volonté de reprendre la main sur le marché immobilier et de lutter contre la vacance des logements.
Leur philosophie se résume par le concept de « présent résilient ». « Nous ne voulons pas rêver d'un avenir utopique, mais construire un présent solide. L'avenir, c'est maintenant », expliquent-ils. Il s'agit d'agir localement, avec pragmatisme, pour préparer Pézenas aux défis à venir et transmettre aux générations futures une ville vivante, durable et solidaire.
En définitive, Agnès Carlin et Éric Masson qualifient leur démarche d'« aventure humaine », née de la spontanéité et du désir de construire ensemble, de manière citoyenne, écologique et participative, un futur commun pour Pézenas.



