Montpellier 2026 : Max Muller, candidat de Révolution permanente, défend un programme social d'urgence
Max Muller, jeune éducateur spécialisé de 28 ans, se présente pour la première fois à une élection en tête de la liste Révolution permanente aux municipales de Montpellier en 2026. En congés pour mener sa campagne, il porte un programme fortement orienté vers le secteur social et la défense des services publics, qu'il qualifie d'urgence face à la crise austéritaire.
Un parcours militant et une campagne en expansion
Engagé lors de la contestation de la réforme des retraites, Max Muller a rejoint Révolution permanente après cette mobilisation. « Avec Révolution permanente, on a réfléchi à quel profil mettre en avant. Ce n'est pas notre conception de la politique mais c'est la règle du jeu », explique-t-il. Son profil correspond au contexte de crise budgétaire, selon lui. L'organisation présente également des listes dans d'autres villes françaises comme Marseille, Toulouse, Bordeaux, Le Mans, Rennes, Paris et Saint-Avold en Moselle, où elle se présente comme la seule liste de gauche face au Rassemblement national.
La campagne à Montpellier démarre bien, avec plus de 200 personnes rassemblées en réunion publique au Corum. « On est une jeune organisation, peu importe le résultat final qu'on fera, la question est de construire une force sociale nécessaire face aux défis qui sont les nôtres », affirme le candidat.
Le logement, une question cruciale à Montpellier
Max Muller insiste particulièrement sur le problème du mal-logement, qu'il juge central. « La question du logement est cruciale, beaucoup de choses en découlent », déclare-t-il. Il souligne que 3 000 personnes sont actuellement à la rue à Montpellier, et que l'an dernier, 7 000 demandes au 115 sont restées sans solution pérenne dans 98 % des cas. Cette situation affecte aussi les étudiants, contraints de changer fréquemment de logement en raison des loyers élevés.
Le candidat évoque la réquisition des logements vides comme mesure d'urgence, mais reconnaît les difficultés légales. « On ne promet pas qu'on va signer trois décrets pour réquisitionner 18 000 logements vides. Il faudra s'organiser avec la population, des comités de travailleurs pour pouvoir le faire », précise-t-il, une approche qui le distingue des autres listes.
Priorité au social et aux services publics plutôt qu'à la sécurité
Max Muller défend un investissement massif dans le secteur social et les services publics, qu'il oppose aux aides au patronat. Il critique notamment le projet de zone de Cambacérès, qu'il qualifie de cadeau au patronat, et Med'Vallée, qu'il compare à l'état dégradé du CHU. « C'est une ville à deux vitesses », estime-t-il, où les profits sont privatisés et les pertes socialisées.
Le candidat remet en question les investissements sécuritaires. « Investir dans le secteur social a plus de sens que d'investir notamment dans les questions sécuritaires », argue-t-il. Travaillant à La Paillade, il explique que la violence sociale ne se résoudra pas par davantage de brigades ou de caméras, mais par des solutions en protection de l'enfance et santé publique.
Critiques environnementales et sociales
Max Muller s'oppose au projet de chaudière CSR, qu'il décrit comme une bombe anti-écologique et une version low-cost de l'incinérateur. Il propose qu'un comité d'ingénieurs, de scientifiques et d'habitants tranche la question, priorisant la santé sur le coût.
Sur la gratuité des transports, il la juge positive mais incomplète, notant que des étudiants et des travailleurs hors Métropole en sont exclus, et que les moyens mis en œuvre sont insuffisants, avec des rames souvent pleines.
Distanciation politique
Le candidat critique vivement le maire sortant Michaël Delafosse, qu'il accuse de reprendre les thèmes du Rassemblement national sur les plans raciste, islamophobe et sécuritaire. Il dénonce le pacte d'engagement républicain qui exclut les femmes voilées de l'emploi associatif, une mesure qu'il qualifie de stigmatisante.
Par rapport à La France insoumise (LFI), Max Muller se dit en désaccord sur la révocabilité des élus et la stratégie de dialogue avec le patronat. « On ne se présente pas pour être plus à gauche que LFI, on a un autre projet », conclut-il, inscrivant sa candidature dans un contexte plus large que les seules municipales.



