Ligne THT en Camargue : une réception à l'Élysée pour les opposants, mais Macron se fait désirer
Cyril Marès, président de l'Appellation d'Origine Contrôlée (AOC) des Costières de Nîmes, et Jean-Laurent Lucchesi, porte-parole du collectif THT 13/30, ont été reçus ce mardi 3 mars 2026 à l'Élysée par le conseiller agricole de la République. Cette rencontre intervient après l'annonce par l'État, en décembre dernier, du tracé entièrement aérien de la future ligne à très haute tension (THT) entre Jonquières-Saint-Vincent dans le Gard et Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône.
"On avance", déclare Cyril Marès, qui multiplie les contacts depuis la décision gouvernementale. Cette dernière a été prise malgré les vives protestations des associations environnementales, des vignerons et des professionnels du tourisme, qui proposent un tracé alternatif moins impactant pour le territoire. Les opposants rappellent que lors du Wine Paris, Cyril Marès avait interpellé directement le président Emmanuel Macron, lequel s'était engagé à les recevoir et avait suggéré une rencontre préalable avec un conseiller.
Une attente persistante pour une audience présidentielle
Si cette première étape a eu lieu, Cyril Marès insiste : "Mais on attend toujours d'être reçus par le président de la République. Agriculteurs et défenseurs de l'environnement ensemble". Il souligne également le soutien de Carole Delga, présidente de la région Occitanie, affirmant que le projet validé par l'État n'est pas adapté au territoire.
"C'est un vrai sujet politique, plus que technique et administratif", affirme le président des Costières de Nîmes. Il met en avant les risques juridiques et dénonce une obstruction de RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, jugeant le manque de cohérence du projet.
Impacts environnementaux majeurs et mobilisation croissante
Le projet de RTE prévoit une ligne électrique THT aérienne de 400 000 volts sur 65 kilomètres, avec 180 pylônes. Elle traversera une partie du parc régional de Camargue, la zone naturelle de Crau et quatre zones Natura 2000. La Dreal Occitanie a alerté sur les risques pour plusieurs espèces d'oiseaux protégés, évoquant même un "risque d'extinction direct".
L'objectif industriel est de sécuriser d'ici 2030 l'alimentation en énergie propre de Fos et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, ainsi que de décarboner les sites industriels. Cependant, les opposants, soutenus par des élus locaux, préparent des actions comme des convois de tracteurs et évoquent la possibilité d'une zone à défendre (Zad), soulignant la forte mobilisation contre ce tracé controversé.



