Greenpeace France annonce une réduction drastique de ses effectifs
Confrontée à un net ralentissement de la croissance de ses ressources financières et à un contexte économique particulièrement tendu, l'organisation de défense de l'environnement Greenpeace France a dévoilé, jeudi, un projet de réorganisation majeur de ses équipes. Cette restructuration implique une réduction d'environ un quart de ses effectifs, qui passeront de 138 équivalents temps plein actuellement à seulement 106 postes. Ce plan, présenté aux représentants du personnel en comité social et économique les 17 et 18 mars, vise à assurer la pérennité de l'association face à des défis financiers croissants.
Un modèle économique sous pression
Dans un communiqué officiel, Greenpeace France explique devoir faire face à un ralentissement significatif de ses ressources. « Alors que Greenpeace France est financée exclusivement par des ressources issues de dons privés, elle a enregistré une croissance des dons plus faible ces dernières années […] dans un contexte économique tendu », indique l'ONG. Les chiffres sont éloquents : entre 2018 et 2021, les dons avaient progressé de 26 %, mais depuis 2022, cette hausse n'est plus que de 7 %. Cette évolution contraint l'association à une extrême prudence financière pour pouvoir poursuivre ses campagnes de protection de l'environnement, tant en France qu'à l'international.
Des difficultés structurelles aggravées
La branche française de l'ONG internationale souligne également avoir été fortement fragilisée par une décision de la Cour de cassation datant de septembre 2025. Cette décision interdit à Greenpeace France d'avoir recours aux contrats à durée déterminée pour réaliser ses missions de collecte de fonds, l'obligeant à supprimer ce type d'opérations, pourtant considérées comme un « maillon essentiel » de recrutement de nouveaux adhérents. Aujourd'hui, l'association est soutenue par plus de 240 000 adhérents, dont 90 % en dons réguliers, et récolte environ 31 millions d'euros de dons chaque année.
Cette situation difficile est encore aggravée par plusieurs facteurs :
- Des difficultés de joignabilité téléphonique des donateurs et donatrices.
- Des difficultés financières exprimées par ces derniers pour maintenir leur niveau de don, en raison du contexte économique et des tensions sur le pouvoir d'achat.
- Des remises en cause injustifiées de la part de certains acteurs politiques qui fragilisent l'ensemble du monde associatif.
Un moment difficile pour l'association et ses salariés
« Cette situation fragilise notre modèle et on doit prendre les devants », a expliqué Laurence Veyne, codirectrice générale de Greenpeace France, reconnaissant un « moment difficile » pour l'association et ses salariés. Elle a également précisé que Greenpeace International, à qui Greenpeace France reverse 8 à 9 millions d'euros chaque année pour financer d'autres bureaux dans des zones sensibles, n'avait pas vocation à intervenir sur des problèmes d'ordre structurel comme ceux traversés actuellement par la branche française.
Par ailleurs, un juge de l'État américain du Dakota du Nord a acté, fin février, la condamnation de la célèbre ONG à verser 345 millions de dollars de dommages et intérêts à l'exploitant d'un oléoduc auquel elle s'était opposée, ajoutant une pression financière supplémentaire sur l'organisation mondiale. Cette restructuration en France s'inscrit donc dans un contexte global complexe, où les défis économiques et juridiques se multiplient pour les acteurs de la défense de l'environnement.



