La culture, parent pauvre des campagnes municipales
À l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars, les candidats parlent très peu de culture dans leurs programmes. Les thèmes prioritaires restent la sécurité, la propreté, la circulation, les espaces verts, l'emploi, les transports et le logement. Pourtant, ce scrutin représente un danger majeur pour de nombreuses institutions culturelles locales, telles que les théâtres municipaux, les musées, les festivals, les médiathèques et surtout les acteurs associatifs.
Un financement local en berne
Les villes constituent le premier financeur des arts en France, devant l'État, mais la fête est bel et bien finie. L'arrivée d'un nouveau maire suscite souvent l'inquiétude chez les créateurs, car les budgets culturels sont en recul. En 2023, les dépenses culturelles des collectivités locales s'élèvent à 156 euros par habitant. Depuis cinq ans, les villes, un peu, et les régions ou départements, beaucoup, réduisent drastiquement leurs investissements dans ce secteur, une tendance observée tant à droite qu'à gauche.
Paris, une exception notable
Il existe pourtant une ville peu concernée par ces coupes budgétaires : Paris. La capitale bénéficie d'une situation privilégiée, où l'offre culturelle reste largement supérieure à celle des autres métropoles, même si la municipalité décidait de ne pas y consacrer un seul euro. En effet, l'État finance massivement les institutions parisiennes, telles que le Louvre, les Musées d'Orsay, Picasso, Guimet, le Quai Branly, le Centre Pompidou ou le Grand Palais.
L'État soutient également trois opéras (Bastille, Garnier, Opéra-Comique), des orchestres, la Comédie-Française et l'Odéon. Il gère les deux sites de la Bibliothèque nationale de France et la Bibliothèque publique d'information, essentielle pour les étudiants parisiens. La Philharmonie reçoit 11 millions d'euros de la Ville, mais 40 millions de l'État.
Une concentration culturelle unique
Paris abrite en outre une multitude de fondations d'art privées, comme Louis Vuitton, Cartier ou la Bourse de commerce, ainsi qu'une concentration exceptionnelle de librairies et de salles de cinéma. En matière de patrimoine, si la tour Eiffel est gérée par Paris, des monuments comme Notre-Dame, la Sainte-Chapelle, l'Arc de triomphe et la Conciergerie appartiennent à l'État.
Les projets de rénovation d'envergure, tels que le Grand Palais, le Centre Pompidou, le Louvre, l'Opéra de Paris et la Cité des sciences, avec des coûts avoisinant les 4 milliards d'euros, relèvent principalement de la responsabilité de l'État, soulageant ainsi la Ville de Paris. Cette dépendance à l'État contraste fortement avec la situation des autres collectivités, où la culture reste un enjeu financier critique et souvent négligé dans les débats électoraux.



