Le collectif Sauvegardons Razac et le bassin de la Côle affronte Imerys au tribunal
Un nouvel épisode crucial se joue dans la lutte acharnée menée par le collectif Sauvegardons Razac et le bassin de la Côle contre l'exploitation d'une carrière de quartz par la multinationale Imerys à Thiviers, en Dordogne. Jeudi 19 mars au matin, plusieurs membres du collectif se rendront au tribunal administratif de Bordeaux pour assister à l'audience de leur référé, une procédure ouverte au public. Cette audience représente un moment décisif dans leur combat, qui s'accompagne d'une campagne de sensibilisation auprès des collectifs bordelais.
Une demande d'arrêt immédiat de l'exploitation
L'équipe de Sauvegardons Razac et le bassin de la Côle a déposé, courant février, un référé suspension exigeant la mise à l'arrêt immédiat de l'exploitation du site « le temps que la justice fasse son travail ». Le collectif dénonce avec vigueur la non-prise en compte des cours d'eau sur le site par l'étude d'impact réalisée par Imerys, une présence qui a été confirmée ultérieurement par une nouvelle expertise indépendante.
Des actions militantes et des rencontres avec l'État
Fin janvier, Noëlla Chatenoud, membre emblématique du collectif, avait été reçue par les services de l'État après avoir mené une grève de la soif de huit jours et demi en octobre. Elle avait alors évoqué auprès de Sud Ouest « une forte présomption d'existence de sources et de ruisseaux » et signalé l'imminence d'un arrêté préfectoral. Cet arrêté, pris également fin janvier, a conduit à « la mise en défens des secteurs concernés », matérialisée par une clôture implantée sur dix mètres de part et d'autre des sources d'eau supposées, empêchant l'accès des engins et attendant les conclusions d'une étude complémentaire.
Un arrêté jugé insuffisant par le collectif
Cependant, cet arrêté ne convainc pas le collectif, qui observe avec inquiétude que « l'extraction du minerai juste en amont des sources continue ». Les militants estiment que cette activité « impacte fortement la colline de Razac et ses belles rivières ». Un porte-parole de Sauvegardons Razac et le bassin de la Côle précise : « Selon nous, cet arrêté fait semblant de protéger les sources sans prendre en compte que l'eau est dans les sols ». Le collectif reste donc déterminé à poursuivre son action en justice pour préserver l'environnement local contre les risques potentiels liés à l'exploitation minière.



