La chasse à la palombe au filet menacée par Bruxelles
Dans les campagnes du Sud-Ouest, une inquiétude palpable gagne les rangs des chasseurs traditionnels. La pratique ancestrale de la chasse à la palombe au filet, profondément ancrée dans l'histoire et la culture régionale, fait face à une menace existentielle venue de Bruxelles. L'incompréhension se mêle à la colère parmi les passionnés qui redoutent de voir disparaître ce patrimoine vivant.
Une procédure européenne lourde de conséquences
Le printemps 2025 a marqué un tournant décisif. La Commission européenne a alors décidé de traduire la France devant la Cour de justice de l'Union européenne pour non-respect des dispositions de la directive oiseaux du 30 novembre 2009. Les autorités européennes estiment que les informations fournies par la France n'ont pas permis de conclure que les conditions de dérogation étaient remplies, notamment en termes de sélectivité et d'absence de solutions alternatives satisfaisantes.
La riposte s'organise en Sud Gironde
Face à cette menace institutionnelle, treize passionnés viennent de s'unir pour créer l'Association départementale des chasses traditionnelles à la palombe (ADCTP33). Cette structure nouvelle entend mener le combat aux côtés de la Fédération départementale des chasseurs de la Gironde. « Nous souhaitons valoriser ce patrimoine culturel et le savoir-faire traditionnel dans une perspective de transmission et de mémoire collective », expliquent les coprésidents Hervé Cazaudumec et Yann Lasserre.
Une stratégie de sensibilisation ambitieuse
L'association ne se contente pas d'une posture défensive. Elle ambitionne de ratisser large en développant des actions pédagogiques et éducatives destinées à différents publics :
- Interventions auprès des scolaires pour transmettre la mémoire de cette pratique
- Ouverture vers les non-chasseurs pour partager la passion de la palombe
- Participation aux études scientifiques sur l'espèce avec les techniciens spécialisés
Thibault Varenne, président de la Fédération départementale des chasseurs, assure le soutien institutionnel : « Nous sommes aux côtés des chasseurs qui défendent cet art de vivre authentique ».
La science au service de la tradition
L'ADCTP33 entend s'investir pleinement dans la connaissance et le suivi de l'espèce. L'association participera activement aux études menées par les techniciens de la fédération et le Groupe d'investigation sur la faune sauvage (GIFS). Cette approche scientifique vise à documenter rigoureusement les pratiques et leurs impacts, répondant ainsi aux exigences européennes tout en préservant le patrimoine.
Les coprésidents insistent sur l'importance de l'unité : « Nous devons avancer unis et faire preuve de solidarité. Nous avons besoin d'adhérents et de sympathisants pour montrer notre force et notre détermination face aux menaces qui pèsent sur notre héritage culturel ».
L'association, basée à Aillas en Gironde, propose une cotisation annuelle de 10 euros et cherche à élargir son cercle de soutiens pour peser dans le débat public et institutionnel.



