Bretagne : sept militants écologistes condamnés à plus de 200 000 euros après le blocage d'un train
Le tribunal judiciaire de Lorient (Morbihan) a rendu son verdict mardi dans l'affaire du blocage d'un train de marchandises survenu le 19 mars 2022. Sept militants écologistes ont été condamnés à indemniser les parties civiles à hauteur d'environ 206 000 euros pour entrave à la circulation ferroviaire.
Une action qui a mal tourné
À l'origine, une cinquantaine d'activistes entendaient dénoncer ce qu'ils qualifient de « fermes usines » en Bretagne. Ils avaient choisi de bloquer un train entre Saint-Gérand et Noyal-Pontivy dans le Morbihan, pensant intercepter une cargaison de soja destinée au groupe Sanders. Le train transportait en réalité des céréales, et leur action a conduit au déversement de 142 tonnes de blé sur les voies ferrées.
Des peines prononcées après des réquisitions sévères
Lors du procès qui s'était tenu en décembre, le parquet avait requis des peines allant de trois à six mois de prison avec sursis contre les militants. Finalement, la présidente du tribunal Séverine Desbordes a prononcé mardi des amendes de 5 000 euros, dont une seule ferme, les six autres étant assorties du sursis. Cinq des condamnés devront également s'acquitter de 150 euros d'amende pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN.
Une indemnisation solidaire importante
Le tribunal a condamné solidairement les sept militants reconnus coupables à indemniser trois parties civiles :
- 91 639 euros pour SNCF Réseau
- 75 615 euros pour la société Sofral Le Gouessant, destinataire du chargement
- 38 424 euros pour la société Millet Rail
Cette indemnisation totale s'élève donc à environ 206 000 euros, une somme conséquente pour les militants.
Cinq relaxations et une possible contestation
Le tribunal a totalement relaxé cinq autres prévenus dans ce dossier. Les militants condamnés, soutenus par plusieurs dizaines de personnes, ont indiqué réfléchir à la possibilité de faire appel de cette décision judiciaire.
Une tribune contre l'agro-industrie
Lors de l'audience en décembre, les militants avaient reconnu leur participation à l'action mais réfuté les infractions qui leur étaient reprochées. Ils avaient largement utilisé leur temps de parole comme tribune pour dénoncer l'agro-industrie, expliquant que leur action visait à alerter sur les pratiques qu'ils jugent néfastes pour l'environnement et l'agriculture paysanne.
Cette affaire illustre les tensions persistantes en Bretagne autour des modèles agricoles, entre défenseurs d'une agriculture plus traditionnelle et partisans de l'agro-industrie. Les militants écologistes continuent de dénoncer ce qu'ils appellent « les fermes usines », tandis que les acteurs économiques du secteur défendent leur modèle de production.



