La Seyne : les riverains vent debout contre l'abattage de pins dans un lotissement
Le sort d'une placette boisée, nichée au cœur du Domaine du Cap Sicié à La Seyne, provoque une vive colère parmi les habitants. Cette placette, baptisée « des Verdiers » et appartenant à la commune, abritait jusqu'à récemment une quarantaine de pins majestueux. Mais depuis lundi dernier, le paysage a radicalement changé, déclenchant une mobilisation citoyenne d'ampleur.
Un « massacre » dénoncé par les voisins
« Huit arbres ont déjà été abattus, et il est prévu d'en couper encore quinze autres ! », s'indignent deux riveraines, jointes par téléphone alors qu'elles se rendaient en mairie. Leur colère ne vise pas le principe du débroussaillement, obligatoire pour prévenir les incendies, mais son application qu'elles jugent excessive. « Nous sommes d'accord avec l'obligation de débroussailler, mais là, ça nous paraît franchement abusif. Et on n'a été averti de rien ! », déplorent-elles.
Les habitants s'interrogent sur les critères ayant conduit à cette décision radicale. « Sur quels critères cette décision a-t-elle été prise ? N'y a-t-il pas possibilité d'abattre moins, et d'élaguer plus ? », questionnent-elles, redoutant les conséquences environnementales. « Si le chantier va au bout, il n'y aura plus d'oiseaux, plus de protection solaire, moins de fraîcheur... », alertent-elles, soulignant l'impact sur la biodiversité et le cadre de vie.
Une pétition déposée en urgence
Face à cette situation, plusieurs résidents ont lancé sans attendre une pétition, déposée ce mercredi à l'hôtel de ville. Cette initiative a déjà conduit à la suspension temporaire des travaux d'abattage. « Le temps qu'on reconsidère la situation, c'est bien la moindre des choses », insistent les riverains, qui se sont également rapprochés d'une association spécialisée dans la sauvegarde des arbres pour obtenir un soutien technique et juridique.
La mairie justifie l'opération par la sécurité
Joint à son tour, le maire de La Seyne, Dorian Munoz, précise que cette décision a été prise avant son élection. Il indique cependant qu'elle émane de l'Office national des forêts (ONF), dans le cadre des Obligations légales de débroussaillement, en lien avec les services de la Métropole. « D'après leur expertise, les pins sont trop proches les uns des autres et présentent un risque élevé de propagation en cas d'incendie », explique-t-il.
Le maire ajoute que les pins abattus devraient être remplacés en fin d'année par des chênes, plus espacés, afin d'assurer « la sécurité des habitations autour ». Cette mesure de replantation vise à concilier prévention des incendies et préservation du patrimoine végétal, mais elle ne suffit pas à calmer la grogne des riverains, attachés à leurs arbres existants.
Une mobilisation qui porte ses premiers fruits
La suspension des travaux, obtenue grâce à la pétition et à la pression citoyenne, marque une première victoire pour les habitants. Cependant, l'issue reste incertaine, et les riverains restent vigilants. « À suivre », concluent-ils, déterminés à poursuivre leur combat pour une gestion plus équilibrée et transparente de leur environnement immédiat.
Cette affaire illustre les tensions croissantes entre les impératifs de sécurité, notamment face aux risques d'incendie, et la préservation des espaces verts en milieu urbain. Elle soulève également des questions sur la communication entre les autorités et les citoyens, ces derniers réclamant plus d'information et de concertation dans les décisions impactant leur quotidien.



