Un premier conseil municipal sous tension à Cambo-les-Bains
Le mardi 14 avril, la salle du conseil de Cambo-les-Bains a accueilli le premier conseil municipal du maire Peio Etxeleku dans une atmosphère à la fois attendue et tendue. Devant un public nombreux, venu assister aux premières décisions stratégiques de la majorité Kanbo Elkartu, les échanges ont rapidement pris une tournure animée. La séance a débuté par des nominations administratives avant de se concentrer sur un dossier crucial : le rapport d'orientation budgétaire pour 2026.
Un état des lieux financier préoccupant
L'adjoint Iban Fortin a exposé une situation financière dégradée, marquée par une capacité de désendettement passée de 5,16 ans en 2024 à 8,58 ans en 2025. La commune compte sept emprunts en cours et a investi près de 17 millions d'euros, notamment dans les équipements sportifs et les aménagements du site d'Arnaga. Sans dramatiser, le maire Etxeleku a reconnu des préoccupations et une marge de manœuvre restreinte, appelant à une approche prudente.
Les mesures de rigueur proposées
Le maire a présenté plusieurs pistes pour assainir les finances communales :
- Contenir la masse salariale et réduire les charges de fonctionnement.
- Limiter les dépenses d'équipement aux opérations déjà engagées.
- Appliquer une hausse de 2% des taux d'imposition sur la taxe d'habitation des résidences secondaires, le foncier bâti et non bâti.
- Mieux flécher les investissements vers le logement social et temporiser sur certains projets.
L'opposition dénonce une analyse biaisée
L'analyse du maire a été vivement contestée par l'opposition, notamment par Éliane Aizpuru, ancienne première adjointe aux finances. Elle a dénoncé une lecture « pas tout à fait objective » des finances, rappelant que la capacité de désendettement reste bien en deçà du seuil d'alerte fixé entre 12 et 15 ans. Certains élus y voient même un « mensonge » destiné à justifier l'abandon probable du projet d'aménagement des écuries d'Arnaga.
Des tensions sur la gouvernance
Les débats se sont également envenimés sur le mode de gouvernance souhaité par Kanbo Elkartu, en particulier concernant la représentativité des oppositions dans les commissions municipales. En maître des horloges, Peio Etxeleku semble vouloir garder le contrôle de son calendrier, renvoyant au 29 avril la répartition des prérogatives de ses 15 conseillers. Cette décision a ajouté une couche supplémentaire de tension dans un conseil déjà divisé.
Ce premier conseil municipal a donc révélé des lignes de fracture profondes entre la majorité et l'opposition, laissant présager des débats houleux sur l'avenir financier et politique de Cambo-les-Bains. La prudence budgétaire affichée par Etxeleku, bien que justifiée par des indicateurs préoccupants, est perçue par ses détracteurs comme un frein au développement de la commune.



