La Renault Twingo électrique fait son grand retour : test de l'icône française modernisée
Icône incontournable des années 90, la Renault Twingo effectue un retour remarqué sur le marché automobile. Fidèle à l'esprit du modèle originel avec ses phares globuleux caractéristiques et ses couleurs vives, cette nouvelle version électrique ambitionne de démocratiser la mobilité propre. Premier essai approfondi de ce qui pourrait bien devenir une future référence dans son segment.
Un héritage mythique à préserver
« À vous d'inventer la vie qui va avec. » En 1993, les concepteurs du slogan de lancement de la Renault Twingo ne soupçonnaient pas à quel point cette phrase allait résonner juste. En quelques années seulement, ce petit véhicule aux allures de grenouille, disponible en vert, jaune, rouge ou bleu, s'est transformé en véritable phénomène sociétal. Aussi populaire dans les quartiers aisés que dans les zones urbaines sensibles, elle est même devenue la voiture fétiche du rappeur marseillais Jul, qui lui a consacré une chanson entière. Un mythe roulant à l'instar de la 2CV, de la 4L ou de la Mini.
Dans pratiquement chaque famille française, tout le monde garde en mémoire des moments précieux passés avec cette automobile ludique et pratique, dont l'habitacle spacieux et la banquette arrière coulissante simplifiaient considérablement le quotidien. Produit à 2,6 millions d'exemplaires entre 1993 et 2007, ce modèle fait encore partie intégrante du paysage urbain contemporain. Usées jusqu'à la corde ou déjà transformées en pièces de collection, les Twingo de première génération n'ont jamais vraiment disparu de nos vies.
Ce capital sympathie exceptionnel, Renault compte désormais en tirer pleinement profit avec le lancement de sa nouvelle Twingo E-Tech. Oubliées les versions trop discrètes des Twingo 2 (2007-2014) et 3 (2014-2024), bien éloignées de l'esprit originel, la Twingo 2026 réinterprète avec brio les recettes qui ont assuré le succès de son illustre aînée.
Révolution électrique sous le soleil d'Ibiza
C'est sur l'île d'Ibiza, sur des routes encore tranquilles avant l'afflux touristique estival, que nous avons pris son volant la semaine dernière, lors des essais organisés pour la presse internationale. Sous le soleil généreux des Baléares, la petite Renault respire la joie de vivre dans sa robe « Vert Absolu ». Comme en 1993, la nouvelle venue mise sur la compacité (3,79 mètres), la facilité d'usage et l'ingéniosité des solutions techniques. Dans les ruelles étroites, elle se faufile avec aisance et se gare en un clin d'œil. Les cinq portes facilitent grandement l'accès à bord, et l'on retrouve avec un plaisir non dissimulé la modularité légendaire qui a contribué au succès du modèle initial.
À l'intérieur, Renault n'a certainement pas oublié ce qui faisait le charme unique de son icône : le sens aigu du détail. Les deux sièges arrière coulissants et indépendants reprennent l'esprit de la première Twingo, en version améliorée. On aménage l'espace selon les besoins du moment, entre passagers et bagages, avec un coffre dont la capacité varie de 260 à 360 litres. Les lettres stylisées de l'alphabet Twingo, visibles jusqu'au ciel de toit, la planche de bord colorée et sa clé assortie sur la version Techno, ou encore le bouton rouge des feux de détresse en forme de bonbon témoignent de cette attention particulière.
L'interface du double écran central Open-R Link, fonctionnant sous environnement Google, a été pensée dans ce même esprit ludique et accessible. Un avatar embarqué nommé « Reno » accompagne le conducteur, tandis qu'un manuel interactif s'affiche directement à l'écran. L'ensemble reste simple d'utilisation, parfaitement accessible, fidèle en tous points à l'esprit d'origine.
Chasse à l'efficience et autonomie quotidienne
Mais la véritable révolution de la Twingo 4 se situe ailleurs : sous le plancher du véhicule. À des années-lumière de l'antique moteur Cléon-Fonte de la première mouture, conçu dans les années soixante, le cœur du nouveau modèle est désormais intégralement électrique. Pour contenir les coûts sans sacrifier l'autonomie, les ingénieurs ont travaillé chaque détail avec minutie : aérodynamique soignée, masse limitée à 1 200 kilogrammes, batterie compacte de 27,5 kWh, capot avant non ouvrant pour économiser le prix de la serrure.
Résultat concret : jusqu'à 263 kilomètres d'autonomie selon le cycle WLTP. Un chiffre qui peut paraître modeste sur le papier, mais qui s'avère suffisant pour la majorité des trajets quotidiens, avec une consommation théorique de 12,2 kWh/100 km qui nous semble tout à fait réaliste à l'issue de notre essai approfondi. Ici, chaque élément vise à optimiser l'efficience, jusqu'à ces étonnantes minuscules ailettes implantées sur les feux arrière qui permettent de gagner précieusement 5 kilomètres d'autonomie supplémentaire.
Sur les petites routes sinueuses d'Ibiza, la conduite à une seule pédale (« One Pedal ») s'impose comme une évidence, le système de régénération permettant à la fois de freiner progressivement et de recharger activement les batteries. La voiture se montre confortable, extrêmement facile à piloter, parfaitement adaptée à un usage urbain intensif. Moderne également, avec ses 24 aides à la conduite et ses grandes roues optionnelles de 18 pouces au dessin particulièrement flatteur. On ne peut malheureusement pas en dire autant des enjoliveurs de 16 pouces fournis en série, moins réussis esthétiquement.
La promesse tenue d'une voiture neuve abordable
Vive et enjouée malgré une puissance limitée à 82 chevaux et une vitesse maximale bridée à 130 km/h, la Twingo E-Tech se montre à l'aise sur tous types de parcours. Par souci d'économie raisonnée, les trains roulants ont été sélectionnés dans la banque d'organes maison : l'essieu arrière souple est repris du Captur et le train avant provient directement de la Renault 5. Un mariage technique qui ne nuit pas au comportement routier, même s'il nous est apparu légèrement moins rigoureux que celui de la R5.
Si Renault joue avec bonheur et justesse la carte de la nostalgie maîtrisée, le constructeur français fait surtout le pari audacieux d'une voiture neuve véritablement abordable : à partir de 19 490 euros, et même 13 750 euros toutes aides publiques déduites. « C'est la voiture électrique la moins chère du marché français ! », se félicite avec raison Guillaume Sicard, directeur général de Renault France. Trente années après son lancement initial, la recette magique reste finalement identique. Une voiture attachante, astucieusement conçue, financièrement accessible. À cette différence notable près qu'elle ne roule plus à l'essence traditionnelle, mais à l'électricité propre. Comme un clin d'œil malicieux à son propre slogan historique : à vous désormais d'inventer la vie qui va avec. Une vie résolument branchée sur l'avenir.



