La Région Sud-Paca a annoncé, ce vendredi 28 août 2026, la prolongation pour une durée de quatre mois du service de transport à la demande (TAD) au sein de la Communauté de communes Alpes d’Azur (CCAA). Cette décision intervient après une violente passe d’armes entre Renaud Muselier, président de la Région, et Charles Ange Ginésy, président du Conseil départemental et de la CCAA. Cependant, la polémique sur le financement du service reste entière, Charles Ange Ginésy dénonçant un « aucun accord » et l’absence de moyens financiers de son intercommunalité.
Une prolongation annoncée par la Région, sous conditions
Dans un communiqué de presse publié ce vendredi, la Région Sud-Paca indique avoir « trouvé une solution » pour assurer la continuité du service de transport à la demande dans la CCAA, dont le chef-lieu est Puget-Théniers et qui englobe 34 communes. Le service, qui devait initialement s’arrêter le 1er septembre, est donc prolongé pour quatre mois. La Région précise que cette prolongation est faite « à l’initiative de la Région Sud » et vise à « assurer la continuité du service et de répondre aux besoins des habitants du territoire ».
Le service est prolongé aux mêmes conditions pour les usagers. Toutefois, la Région a demandé à la CCAA, « autorité responsable des mobilités locales (conformément à l’arrêté préfectoral du 18 juin 2021) », d’en assurer le financement et le suivi. La CCAA aura également la charge de reconduire le service à l’issue des quatre mois de prolongation. Selon la Région, le service est désormais « payé totalement par la communauté de communes ».
Renaud Muselier justifie sa décision, Charles Ange Ginésy dément tout accord
Dans son communiqué, Renaud Muselier justifie cette décision en rappelant l’engagement de la Région : « Nous avons toujours agi pour défendre les intérêts des habitants. Nous l’avons fait pendant cinq ans en prenant en charge un service de la compétence de la communauté de communes Alpes d’Azur. Nous le faisons à nouveau aujourd’hui en proposant une solution rapide qui garantit la continuité du service. Le service est prolongé et désormais payé totalement par la communauté de communes. Cette décision permet à chacun d’assumer pleinement son rôle ».
La réponse de Charles Ange Ginésy ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué cinglant envoyé dans la soirée, le président de la CCAA et du Département affirme que « la mobilisation engagée ces dernières semaines pour préserver le transport à la demande dans nos vallées a porté ses fruits : la Région revient sur sa décision initiale et annonce la prolongation du service pour quatre mois. Je m’en réjouis pour les habitants, la continuité du service ayant toujours été ma priorité ». Mais il conteste fermement la version de la Région : « Le président de la Région annonce aujourd’hui que la CCAA financerait intégralement cette prolongation : ce n’est absolument pas le cas. Aucun accord n’est intervenu, d’autant que notre intercommunalité n’a pas les moyens financiers pour assumer une telle charge. » Il ajoute : « En droit, la CCAA ne porte en aucun cas la responsabilité de la continuité du service et de son financement. »
Deux lignes de bus nocturnes supprimées malgré la prolongation
La décision initiale de la Région comprenait également l’arrêt de deux lignes de bus nocturnes interurbaines. Il s’agit de la ligne 621 (Nice-Cannes via Saint-Laurent-du-Var, Cagnes-sur-Mer, Villeneuve-Loubet, Antibes et Vallauris-Golfe-Juan) et de la ligne 661 (Grasse-Cannes via Mougins, Mouans-Sartoux et Le Cannet), qui circulaient les vendredis, samedis et veilles de jours fériés. La Région confirme que ces deux lignes vivent leurs dernières heures : au 1er septembre, elles seront bel et bien supprimées.
La bataille politique entre Renaud Muselier, proche de Christian Estrosi, et Charles Ange Ginésy, fidèle d’Éric Ciotti, semble donc loin d’être terminée. La question de la prise en charge financière du service de transport à la demande reste au cœur du conflit, et la CCAA refuse d’assumer une charge qu’elle estime ne pas lui revenir. Les habitants de l’arrière-pays niçois, eux, attendent des solutions durables.



