Une mobilisation routière pour alerter sur l'urgence économique
Ce samedi, une manifestation inédite a perturbé la circulation sur l'autoroute A7 au niveau de Chasse-sur-Rhône, dans l'Isère. Des chauffeurs routiers ont garé vingt-cinq camions et un bus le long de la voie dans le sens Sud-Nord, distribuant des tracts aux automobilistes contraints de circuler sur une seule bande. Cette action, rapportée par un correspondant de l'AFP, vise à dénoncer avec force la hausse continue des prix des carburants et à réclamer un soutien étatique plus conséquent que l'aide annoncée vendredi par le gouvernement.
Un trafic fortement perturbé et des risques accrus
Vinci Autoroutes a immédiatement signalé de forts ralentissements dans le secteur, conseillant aux usagers d'éviter la zone ou de redoubler de prudence. L'opérateur autoroutier a mis en garde contre un risque de présence de piétons à proximité des voies, rendant la circulation particulièrement dangereuse. Cette mobilisation, bien que pacifique, souligne la détermination des professionnels du transport à se faire entendre, quitte à perturber temporairement le flux autoroutier.
Une aide gouvernementale jugée insuffisante
Vendredi soir, l'exécutif a dévoilé une enveloppe d'environ 50 millions d'euros destinée au secteur du transport pour le mois prochain. Cette mesure cible spécifiquement les TPE et PME pouvant justifier de difficultés de trésorerie majeures liées à la crise, équivalant à une aide forfaitaire de 20 centimes par litre pour les entreprises éligibles. Cependant, pour Jean-Christophe Gautheron, responsable régional de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), cette annonce reste bien en deçà des attentes.
« C'est un début, mais ce n'est pas assez », affirme-t-il, pointant du doigt la complexité administrative : « Il nous faut une aide rapide, là il faut prouver nos difficultés avec un expert-comptable ». Les routiers exigent plutôt une aide identique à celle octroyée en 2022, lors de la flambée des prix consécutive à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ainsi qu'un encadrement des prix pour stabiliser le marché.
Un contexte de crises successives
Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, « le prix des carburants ne cesse d'augmenter et depuis des années, les crises se multiplient », déplore Jean-Christophe Gautheron. Il alerte sur la situation précaire des entreprises du secteur : « Nos entreprises sont exsangues, si rien n'est fait elles vont crever ». Cette manifestation s'inscrit dans un mouvement plus large de protestation, avec d'autres actions prévues dans les prochains jours en Auvergne, en Île-de-France et en Occitanie, montrant l'ampleur du mécontentement au niveau national.
Les routiers, par leur mobilisation sur l'A7, envoient un signal fort aux pouvoirs publics : la hausse des carburants n'est pas une simple fluctuation, mais une menace directe pour la survie de nombreuses entreprises de transport. Ils appellent à une réponse plus ambitieuse et immédiate, capable de soulager une profession en première ligne des tensions économiques et géopolitiques.



