La renaissance d'une icône : la Twingo électrique conquiert les cœurs
Nous ignorons ce que Renault donne à manger à ses équipes depuis quelques années, mais nous en voudrions assurément une part. Car pratiquement tous les modèles qui sortent des usines donnent envie de pousser les portes des concessions. Pas tous, certes, mais leurs petits modèles en particulier, absolument ! Et ne prétendez pas qu'il est trop facile de séduire les foules en faisant vibrer la corde nostalgique ! D'accord, c'est le cas avec la Renault 5, la 4 et désormais la Twingo. Mais la Clio n'a rien de nostalgique, et cela ne nous empêche pas de l'adorer.
Un design qui fait sourire
Comment ne pas craquer ? Certains se souviennent peut-être qu'à la naissance de la Twingo originelle en 1992, sa bouille ne faisait pas l'unanimité. Même Renault en avait adroitement ironisé dans une publicité télévisée où l'acteur se demandait où se trouvait l'avant de la voiture. Inutile de préciser que cela n'a pas entravé le succès de ce qui est devenu l'une des icônes de l'automobile populaire française.
Près de quarante ans plus tard, les réticences ont quasiment disparu : tout le monde accueille la nouvelle Twingo, réinterprétation moderne mais extrêmement fidèle, avec un large sourire. Bien sûr, elle est plus grande, mais les proportions restent parfaites, voire plus harmonieuses qu'à l'origine.
Un intérieur contemporain fidèle à la philosophie
À bord de la nouvelle Twingo, le temps ne s'est pas arrêté. Nous sommes clairement dans une voiture de notre époque, avec son tableau de bord numérique, son écran tactile perché sur la planche de bord, et son système multimédia Google, que nous nous contenterons de qualifier comme l'un des plus intuitifs du marché automobile. D'autant que Renault ne lui confie pas toutes les fonctions du véhicule.
Sous l'écran, trois molettes commandent la climatisation, accompagnées d'une autre référence à la première Twingo : la grosse boule rouge qui active les feux de détresse. L'environnement intérieur a évolué, époque oblige, mais la philosophie Twingo demeure intacte. La Twingo n'a jamais eu l'ambition d'éblouir ses occupants, mais de les accueillir dans une bulle de bonne humeur.
La petite dernière ne compte pas uniquement sur ses écrans pour apporter de la couleur dans l'habitacle : elle ajoute des inserts couleur carrosserie sur la planche de bord et les garnitures de portes. Ce détail semble minime, mais il fait du bien. La fidélité à la philosophie se manifeste également par les plastiques assez « légers », participant activement aux tarifs attractifs de la Twingo.
Le sens pratique, composante essentielle
Puis vient l'élément fondamental de la philosophie Twingo : le sens pratique. La nouvelle génération reprend l'astuce géniale de la première, à savoir la banquette arrière coulissante. Grâce à elle, on privilégie soit le coffre, soit l'espace pour les passagers arrière.
Dans la première génération et ses 3,40 mètres de long, on installait confortablement quatre adultes de plus de 1,80 mètre. Cette banquette coulissante est toujours présente, et même améliorée, puisqu'il s'agit désormais de deux sièges séparés que l'on peut déplacer individuellement.
Honêtement, bien que la nouvelle Twingo mesure 3,80 mètres de long (soit 40 centimètres de plus que la première génération), quatre adultes de 1,80 mètre sont légèrement moins à l'aise. Ils ne sont pas non plus trop serrés, et s'installent plus facilement puisque la Twingo possède désormais cinq portes au lieu de trois.
Les normes de sécurité ont affecté le rapport encombrement/habitabilité, mais dans la Twingo, ces quatre grands individus sont aussi bien assis que dans la « grande » Renault 4, et il est simplement impossible de tous les emmener dans une Renault 5. Bref, la Twingo reste une petite merveille de générosité.
Une motorisation électrique cohérente
Maintenant, l'aspect qui déçoit certains : oui, la Twingo est électrique, et exclusivement électrique. Mais là encore, la philosophie est respectée, puisque comme avec la Twingo première du nom, Renault ne propose qu'une version « mécanique » pour limiter les coûts et contenir le prix.
Concrètement, on dispose d'un moteur électrique de 80 chevaux et 175 Nm, alimenté par une batterie de 27,5 kWh, promettant 260 kilomètres d'autonomie WLTP. Le choix se limite à deux niveaux d'équipement, quelques options mineures, et six couleurs, dont un gris et un noir que nous vous supplions d'éviter.
À une époque où les chiffres fusent comme des confettis, 80 chevaux et 175 Nm peuvent sembler modestes. D'accord, un 0 à 100 km/h en douze secondes n'est pas fulgurant. Mais ne vous arrêtez pas à ce score, car grâce à sa batterie modeste (mais suffisante pour la vocation de la Twingo), le poids n'est que de 1 210 kilos. Franchement, c'est raisonnable.
La petite Renault est donc très vive dans le trafic, très réactive, comme il se doit pour une citadine. Ce n'est pas une simple auto, c'est une machette née pour tracer un chemin dans la jungle urbaine.
Performance énergétique remarquable
Côté consommation, Renault annonce 12,2 kWh/100 km. Grâce aux différentes intensités de régénération, allant jusqu'à la véritable conduite One Pedal, on atteint facilement ces chiffres. Sur réseau secondaire, on peut même enregistrer des consommations inférieures à 10 kWh/100 km.
Cela confirme une observation récurrente : plus une électrique est petite, moins elle « ment » sur ses performances énergétiques. Les 260 kilomètres d'autonomie, pour peu que les températures ne soient pas extrêmes, sont atteignables. Consommer peu, n'est-ce pas l'esprit Twingo ?
La charge rapide accepte seulement 100 kW, mais cela suffit amplement pour une citadine polyvalente. Si l'on peut critiquer quelque chose, c'est le chargeur embarqué de base à 6,6 kW. Le 11 kW est en option, ce qui semble un peu mesquin.
Comportement routier et prix
Sur la route, quand on a de l'espace, dans les virages, quand on pousse ? Encore et toujours : Twingo. Quoique. La première génération n'était pas particulièrement réputée pour coller au bitume quand on la sollicitait. Celle-ci adhère avec une efficacité étonnante.
En revanche, ses sièges n'offrent pas un maintien latéral exemplaire, et elle aime se pencher dans les virages. En conduite « sportive », elle dandine, donc. Comme sa légendaire aïeule. Le revers positif de la médaille : la Twingo est aussi agréablement suspendue qu'amortie.
Roulement de tambour pour le prix. La Twingo Evolution démarre à 19 490 euros. Renault a tenu sa promesse de rester sous les 20 000 euros. Il s'agit du prix catalogue, puisque avec la prime, le prix actuel réel est de 13 750 euros.
La version Techno coûte 15 350 euros prime déduite, mais outre le régulateur de vitesse et la caméra de recul, elle n'offre, à notre avis, rien d'absolument indispensable par rapport à la version de base.
Conclusion : exactement ce qu'elle doit être
Bref, la nouvelle Renault Twingo est précisément ce qu'elle doit être : une petite voiture économique, pratique, abordable non seulement pour une électrique mais dans l'absolu, et surtout dotée d'un énorme capital sympathie. C'est le genre de voiture à laquelle on s'attache. Et cela, n'est-ce pas devenu trop rare ?
Points forts :
- Capital sympathie immense
- Sens pratique typiquement Twingo
- Confort d'usage remarquable
- Efficacité énergétique exceptionnelle
Points faibles :
- Chargeur de 11 kW en option seulement
- Limitation à 100 kW en charge rapide
La Renault Twingo en quelques chiffres
- Moteur : électrique ; 80 ch ; 175 Nm
- Transmission : aux roues avant
- Boîte : automatique 1 vitesse
- Longueur/largeur/hauteur (mm) : 3 789/1 720/1 491
- Poids à vide (kg) : 1 200
- Volume du coffre (l) : 205 – 1 010
- Batterie (kWh) : 27,5
- 0 à 100 km/h (sec) : 12,1
- Vitesse maxi (km/h) : 130
- Autonomie WLTP (km) : 260
- Prix : 13 750 € TTC Bonus Déduit



