La renaissance ferroviaire de la rive droite du Rhône
Alors que la consultation publique sur la réouverture aux voyageurs de la ligne ferroviaire rive droite du Rhône s'achève ce 24 février, Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie chargé des mobilités, dévoile les ambitions et les défis de ce projet structurant. La Région consacre 110 millions d'euros à cette infrastructure qui relie progressivement les territoires du Gard et au-delà.
Un calendrier précis jusqu'en 2030
Le projet, acté lors des états généraux du rail de 2016, connaît un déploiement méthodique. Après la réouverture des gares de Bagnols-sur-Cèze et Pont-Saint-Esprit en août 2022, le plan se poursuit avec :
- La gare de Villeneuve-lès-Avignon en 2027
- Roquemaure en 2028
- Puis Laudun-L'Ardoise, Aramon, Remoulins et Marguerittes en Occitanie
- Sans oublier celle du Teil en Ardèche
L'objectif initial de fin 2025 a été reporté en raison des procédures administratives et des contraintes supplémentaires. La Région attend maintenant la décision du préfet du Gard concernant l'autorisation environnementale, déposée en avril 2025.
Amélioration de l'offre et des infrastructures
Actuellement, sept allers-retours quotidiens circulent sur la ligne. L'ambition est d'atteindre une dizaine de liaisons entre Nîmes et Pont-Saint-Esprit. La création d'un terminus à Pont-Saint-Esprit permettra d'optimiser les rotations, tous les trains n'allant pas jusqu'au Teil.
Les travaux comprennent également :
- La sécurisation de 16 passages à niveau
- La réouverture des gares avec pôles d'échanges multimodaux
- L'aménagement des accès et parkings
Une fréquentation en croissance constante
Les voyageurs sont au rendez-vous avec 66 000 usagers en 2023 et 70 000 en 2025. Leur profil est diversifié : étudiants se rendant à Avignon, touristes en période estivale, loisirs le week-end. La partie Bagnols-Avignon concentre l'essentiel du trafic.
Jean-Luc Gibelin reconnaît que les horaires actuels limitent les déplacements domicile-travail, mais l'augmentation progressive de la fréquence devrait y remédier. Pour Nîmes, l'enjeu est clair : désengorger les entrées de ville et offrir une alternative à la voiture individuelle.
Un engagement régional fort pour la transition écologique
Ce projet s'inscrit dans une coopération interrégionale avec Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes. La Région Occitanie finance intégralement les aménagements sur son territoire, tandis que les établissements publics de coopération intercommunale coordonnent les pôles d'échanges.
Malgré la suppression de certaines aides de l'État, la Région maintient ses engagements. Pour Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, les mobilités et le ferroviaire restent une priorité absolue. Développer les transports en commun, c'est œuvrer pour une région plus verte et plus solidaire.
Avec une ligne largement décarbonée, chaque voyageur empruntant le train représente une voiture en moins sur les routes. 70 000 voyageurs annuels, c'est autant d'automobilistes qui optent pour une mobilité durable. La population s'approprie progressivement cette desserte, confirmant l'utilité publique de cet investissement de 110 millions d'euros.



