LGV Toulouse-Paris : un financement qui patine
La future ligne à grande vitesse (LGV) qui doit relier la gare Matabiau à Montparnasse via Bordeaux n’est pas un long fleuve tranquille. L’horizon de mise en service des rames de TGV capables d’effectuer le trajet en 3 h 10 chrono ne cesse d’être repoussé. Le dernier calendrier esquissé par le conseil d’orientation des infrastructures (COI) évoque désormais 2035. Le nouveau rapport de l’instance présidée par David Valence, historien et élu régional du Grand Est, est tellement sensible qu’il n’a pas été rendu public.
Prévue sur la rive gauche de la Garonne depuis le sud de la Gironde où elle doit bifurquer avec sa « jumelle » destinée à irriguer Dax et la frontière basque, la nouvelle ligne butte sur la sempiternelle question du financement. Où trouver les 14 milliards d’un chantier XXL qui aura un impact majeur pour les territoires traversés ? La taxe spéciale d’équipement, conçue pour alléger la facture des collectivités, ne suffira pas à lisser l’effort budgétaire.
C’est désormais l’État, et au premier chef le ministère des Finances, qui renâcle devant un surcoût évalué à 20 % supplémentaires par le COI. Pour combler ce dérapage financier incontrôlé, le recours aux grands groupes privés du BTP est envisagé. Mais ni Carole Delga, ni Jean-Luc Moudenc ne sont favorables au retour des PPP (partenariats public-privé), solution employée pour boucler le tronçon Tours-Bordeaux. Cela engendrerait un surcoût à régler sous forme de péages par les opérateurs… et in fine par les voyageurs, selon les calculs du maire de Toulouse. Une réunion programmée à Matignon le 29 avril avec les élus locaux et les ministres du Budget et des Transports a été ajournée sine die.
Dominique Faure vise le Sénat : retour en scène politique ?
Confortée politiquement par sa reconduction (57 %) à la mairie de Saint-Orens-de-Gameville en duel face à une liste de gauche unie, Dominique Faure n’a pas abandonné toute ambition nationale. Le prochain scrutin pour renouveler les sénateurs de Haute-Garonne, qui se profile déjà à la rentrée de septembre, pourrait fournir l’occasion à l’ancienne ministre chargée de la ruralité et des collectivités, de prendre sa revanche.
L’élue du parti radical-valoisien n’a toujours pas digéré d’avoir été contrainte de céder sa circonscription du Lauragais au PS sans combattre en 2024. La vice-présidente de Toulouse-Métropole, 66 ans, n’est pas née de la dernière pluie. Elle sait bien qu’elle ne sera pas la seule sur les rangs, mais se tient prête à abréger ses vacances pour mener campagne auprès des élus dans tout le département pour remplacer Brigitte Micouleau (LR), 75 ans, qui ne se représente pas. Même cas de figure à gauche, où les appétits s’aiguisent sans se dévoiler pour succéder à Claude Raynal (PS), 69 ans. La date exacte du scrutin, réservé aux « grands électeurs », n’a pas encore été fixée.
Municipales : Tournefeuille vers un match retour ?
Reconduit à la mairie de Tournefeuille pour une seule petite voix, Frédéric Parre (PS) s’apprête à rejouer le match de l’élection municipale face à Laurent Soulié (Renaissance). Le chef de file de l’opposition a vu son recours appuyé par la préfecture. La décision finale appartient au tribunal administratif, saisi de 79 réclamations sur l’ensemble de la Haute-Garonne.
À Tournefeuille, où la majorité de gauche s’effrite au fil des élections, l’enjeu du probable nouveau scrutin résidera dans l’attitude des autres listes en présence. Le maire sortant avait conclu une alliance entre les deux tours avec Stéphane Perez, chef de file d’une liste « divers centre » qui avait capté 22 % des bulletins au premier tour. La participation pour ce possible match retour sera l’autre grande inconnue. En mars dernier, plus de 41 % des 22 000 inscrits ne s’étaient pas déplacés.
Ramonville bascule : une victoire hors partis
Sylvie Brot a remporté la mairie de Ramonville à son deuxième essai. « La ville n’est plus à gauche, mais elle n’est pas à droite non plus », assure l’universitaire qui a remporté son duel (53 %) face à Christophe Lubac, dauphin de Pierre Cohen (Génération.s). En 2020, le fauteuil lui avait échappé pour une poignée de voix dans une triangulaire avec une liste écologiste. Cette fois, la quinqua de centre droit a veillé à se présenter sans aucun soutien affiché des partis politiques. Son bras droit est Loïc Ferrieu, ancien du cabinet de Jean-Luc Moudenc au Capitole. Sylvie Brot a aussi été élue au bureau du Sicoval qui regroupe 36 communes, péri-urbaines et rurales sur les coteaux du Lauragais.
Airbnb : Toulouse en tête des recettes touristiques en Occitanie
Avec 1,5 million d’euros en 2025, Toulouse caracole en tête du top 10 des montants de la taxe de séjour versée par Airbnb aux villes de la région, devant Montpellier (1,2 million) et loin devant des cités touristiques comme Agde (750 000 euros) ou Carcassonne (300 000 euros). Parfois montrée du doigt, la plateforme de location de meublés revendique avoir versé 2,4 millions de taxes sur l’ensemble du département de la Haute-Garonne et 19 millions à l’échelle de toute la région Occitanie. L’entreprise s’est étendue dans 110 petites communes supplémentaires, parfois de simples villages éloignés des grands flux touristiques.
Restaurant La Pente douce : la fin d’une adresse culte
La Pente douce a fini par couler. Le restaurant ouvert depuis douze ans dans la rue de la Concorde par le sympathique et talentueux Hamid Miss a définitivement baissé le rideau en avril. Couvert d’éloges par des critiques gastronomiques unanimes, le restaurant était en redressement judiciaire depuis juillet 2025. La relance des affaires après l’arrêt brutal provoqué par le Covid s’avère délicate pour nombre de petits commerçants et artisans. Le tribunal de commerce de Toulouse a enregistré 1 351 procédures en 2025, qui se sont traduites par 70 % de liquidations et pour 30 % de redressements judiciaires. Le secteur de l’hôtellerie-restauration (14 %) figure dans le trio des activités les plus touchées, après la construction (22 %) et le commerce (20 %).
Musée des Augustins : déjà 100 000 visiteurs après la réouverture
Le musée des Augustins fait le plein depuis sa réouverture (partielle) à la veille de Noël. Le cap des 100 000 a été franchi à la mi-avril et la boutique installée à la sortie a déjà vendu 15 000 cartes postales et posters des œuvres exposées. Plus de la moitié (53 %) du public passé dans la nouvelle entrée, aussi discrète que commentée, venait d’une commune extérieure à Toulouse.
Rossy de Palma, nouvelle égérie artistique du « Nouveau Printemps »
Figure iconique des films de Pedro Almodovar, Rossy de Palma a été choisie pour la direction artistique du Nouveau Printemps, du 29 mai au 28 juin dans le quartier de la gare Matabiau. Actrice, mais aussi chanteuse de rock et plasticienne, l’artiste sexagénaire originaire de Palma de Majorque avait déjà été l’invitée d’honneur de Cinespaña en octobre dernier. Pour la nouvelle formule du festival dédié aux arts plastiques et au design contemporain, qui investit chaque année un quartier différent de la ville rose, Rossy de Palma a eu l’élégance de tenir son rôle bénévolement, abandonnant son cachet aux artistes émergents qui alterneront expositions et performances « branchées ».



