LGV Bordeaux-Toulouse : Lecornu signe un protocole d'intention ce jeudi
LGV : Lecornu signe un protocole d'intention à Toulouse

Le Premier ministre Sébastien Lecornu sera à Toulouse ce jeudi 7 mai pour signer un protocole d'intention politique, relançant ainsi le dossier chaotique de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux et Toulouse. Après quatre années de tensions entre l'État, la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie, cette signature pourrait marquer une éclaircie dans un ciel chargé de nuages.

Un projet marqué par les retards

Ce n'est pas la première fois qu'un Premier ministre se déplace dans le Sud-Ouest pour soutenir les lignes nouvelles à grande vitesse (LNSO). En 2022, Jean Castex avait signé la première convention de financement. Depuis, le dossier est resté en suspens, avec cinq Premiers ministres successifs.

Ce jeudi, à la préfecture de Haute-Garonne, Sébastien Lecornu signera un nouvel engagement de l'État. Il sera entouré des présidents de région Alain Rousset (Nouvelle-Aquitaine) et Carole Delga (Occitanie), des présidents de département Sébastien Vincini (Haute-Garonne) et Xavier Fortinon (Landes), ainsi que des maires de Bordeaux et Toulouse, Thomas Cazenave et Jean-Luc Moudenc. Jean Castex, PDG de la SNCF et fervent défenseur du projet, sera également présent.

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Un coup de gueule des élus

Les deux présidents de région, dans un entretien croisé au journal Sud Ouest le 20 avril, avaient appelé le Premier ministre à apporter des réponses claires. « L'attente n'a que trop duré, cette tergiversation perpétuelle devient insultante pour les habitants du Grand Sud-Ouest », avait déclaré Carole Delga. Ce coup de gueule a été entendu à Matignon, déjà sensibilisé par Jean Castex et le nouveau maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, qui a réaffirmé son attachement au projet, contrairement à son prédécesseur écologiste Pierre Hurmic.

Un processus en deux temps

La signature de ce protocole d'intention est un premier pas politique. Selon nos informations, les deux lignes Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax sont incluses dans ce texte. « C'est un geste fort et engageant », confie un signataire. Les collectivités y voient l'opportunité de rendre le projet irréversible.

Cependant, cette signature ne suffira pas à relancer définitivement le dossier. Les discussions entre Matignon et les collectivités se poursuivront pendant un mois pour trancher la question cruciale du financement. Deux options sont sur la table : un portage 100 % public ou un partenariat public-privé (PPP).

Public ou privé ?

Les collectivités poussent pour un portage public, jugé moins cher et plus rapide. Un PPP serait difficile à monter en peu de temps et pourrait compromettre l'objectif de lancer les appels d'offres avant la fin du quinquennat (avril 2027). C'est l'attribution des appels d'offres qui rendra le projet irréversible. Les trois prochaines semaines seront déterminantes, et une annexe de financement devra être signée, intégrant les surcoûts dus aux retards.

Ce jeudi, les discussions se poursuivaient en ce sens. « Pas question de signer quoi que ce soit sans connaître toutes les conséquences », résumait un futur signataire. En attendant, Sébastien Lecornu et trois ministres viendront en avion à Toulouse, un trajet imbattable face aux 4 h 46 du Toulouse-Paris actuel.

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