Le Département des Landes réaffirme son soutien conditionnel à la LGV Sud-Ouest
Lors du vote du budget primitif, les élus du Conseil départemental des Landes ont approuvé une motion plaidant pour un portage « 100 % public » du projet de Ligne nouvelle du Sud-Ouest (LNSO), reliant Bordeaux à Toulouse et Dax. Cette décision, entachée de sept abstentions, ne précise pas si le Département se désengagerait en cas de recours à un partenariat public-privé (PPP), mais elle souligne une ferme opposition à cette option.
Un financement public menacé par des incertitudes
Le projet, validé en 2022 avec un partage de financement à 40 % pour les collectivités, 40 % pour l'État et 20 % pour l'Europe, traverse une période de turbulences. Des surcoûts importants, la tiédeur de certaines collectivités et le retard des travaux, notamment sur le tronçon Bordeaux-Dax reporté à 2037, assombrissent le scénario initial. L'hypothèse d'un PPP gagne du terrain, suscitant l'inquiétude des élus.
Le président Xavier Fortinon résume la situation : « On risque de se retrouver dans une impasse. » Le vice-président Olivier Martinez renchérit en citant l'exemple de la ligne Sud Europe Atlantique (Bordeaux-Tours), un PPP qu'il qualifie de « braquage d'argent public au profit de majors gérant les concessions autoroutières. » Il suggère que cette décision pourrait être une mesure de compensation dans les négociations sur les concessions.
Des positions divergentes parmi les élus
L'élue saint-pauloise Sylvie Péducasse, membre du groupe communiste, s'est abstenue, opposée au projet dans son ensemble. Elle alerte sur les risques financiers : « Un PPP expose les financeurs publics à un coût accru dû à la rémunération du capital privé, avec un engagement sur plusieurs décennies et un modèle peu flexible. » Elle questionne la fiabilité de l'engagement de l'État.
En revanche, Julien Dubois, élu Horizons et leader de l'opposition, nuance son soutien. Il défend la ligne mais souligne que son Agglomération, le Grand Dax, n'a pas encore payé, attendant une garantie de l'État sur la renégociation en cas de surcoût. « Il vaut mieux un PPP bien négocié que pas de ligne du tout », affirme-t-il, ce qui lui vaut une réplique cinglante du socialiste Frédéric Dutin : « Votre discours n'est pas audible. Vous apportez de l'eau au moulin du désengagement de l'État. »
Un budget 2026 qui maintient la participation
Malgré ces tensions, le Département a approuvé, avec quatre abstentions et un vote contre, la réservation de 2,47 millions d'euros dans son budget 2026 pour financer la LNSO, conformément aux engagements antérieurs. Cette décision intervient dans l'attente d'une clarification post-élections municipales, alors que les incertitudes financières et politiques persistent autour de ce projet majeur de transport.



