Conflit au Moyen-Orient : le transport aérien mondial paralysé, des centaines de milliers de passagers bloqués
Guerre au Golfe : chaos aérien mondial, passagers bloqués

Une crise aérienne mondiale sans précédent depuis la pandémie

Le conflit qui s'intensifie au Moyen-Orient et dans le Golfe provoque des perturbations massives du transport aérien international, affectant directement des centaines de milliers de passagers à travers la planète. Selon les données du cabinet spécialisé Cirium, plus de 1 500 vols à destination du Moyen-Orient ont été annulés dimanche, représentant un effondrement de 40% du trafic prévu sur ces routes stratégiques.

Les monarchies du Golfe sous le feu des missiles

Les frappes iraniennes sur les Émirats arabes unis ont fait trois morts et cinquante-huit blessés, selon le ministère de la Défense local, en représailles à l'attaque israélo-américaine. Des explosions ont été observées non seulement à Dubaï et Abou Dhabi, mais également à Ryad en Arabie saoudite, Doha au Qatar et Manama à Bahreïn.

Pour l'expert Didier Arino, directeur général de la société de conseil Protourisme, cette situation porte un coup sévère au soft power des monarchies du Golfe. « Ce qu'elles vendent, c'est la sécurité des biens et des personnes. On parlait de Dubaï un peu comme de la Suisse, alors forcément, cette crise casse durablement l'image de stabilité », analyse-t-il.

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Témoignages de terreur et de confinement forcé

La rappeuse italienne BigMama, dont le vol en provenance des Maldives a été dérouté vers le désert près de Dubaï, a partagé son effroi sur Instagram samedi : « On entend sans cesse des missiles au-dessus de nos têtes. Je suis terrifiée ».

Claudine Schwartz, une touriste française de 49 ans hébergée au Royal Atlantis sur l'île artificielle La Palme à Dubaï, raconte à l'AFP avoir entendu des détonations dès 17 heures samedi et vu d'épais nuages de fumée. « On faisait un golf nocturne, on est rentrés très vite. À l'hôtel, j'ai vu une boule de feu arriver vers nous et simultanément un message d'alerte sur notre téléphone nous ordonnant de nous mettre à l'abri », témoigne-t-elle. « On nous a conduits au niveau le plus bas de l'hôtel. Vers 1h30 du matin, nous sommes remontés dans notre chambre avec la consigne stricte de ne pas s'approcher des fenêtres. Aujourd'hui, toutes les activités extérieures sont fermées. Nous sommes confinés à l'intérieur ».

La France prépare l'évacuation de ses ressortissants

La porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, a déclaré dimanche que la France se tenait prête à évacuer ses ressortissants présents au Proche-Orient « quand la situation le permettra », soulignant la gravité de la crise sécuritaire.

Des voyageurs bloqués aux quatre coins du monde

À des milliers de kilomètres du conflit, Farhad, un touriste tentant de regagner l'Allemagne depuis Le Cap en Afrique du Sud, ignore où il passera la nuit : « Hier, nous n'avons reçu aucune information de la compagnie aérienne. Nous devons improviser : prolonger la location de voiture, trouver un hôtel... C'est un véritable casse-tête », confie-t-il à Newzroom Afrika.

Patrice Caradec, président du Syndicat des entreprises du Tour Operating (Seto), estime que « quelques milliers » de clients français sont actuellement bloqués, non seulement dans le Golfe, mais également en Asie ou en Océanie. L'objectif prioritaire est désormais d'organiser des « ponts aériens » via des hubs alternatifs comme Istanbul pour rapatrier ces voyageurs.

L'impact économique : des centaines de millions d'euros de pertes

Didier Bréchemier, expert au sein du cabinet de conseil Roland Berger, souligne que « depuis la crise du Covid-19, il n'y a pas eu d'autre perturbation de cette ampleur dans le transport aérien ». Contrairement au conflit ukrainien, cette crise affecte directement des « hubs aériens majeurs » par lesquels transitent systématiquement les voyageurs se rendant dans l'océan Indien ou en Asie du Sud-Est.

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Didier Arino précise que les compagnies aériennes du Golfe détiennent environ 45% du trafic entre l'Europe et l'Asie. Les répercussions économiques « se chiffrent d'ores et déjà pour le transport aérien en centaines de millions d'euros de pertes », avec des annulations en cascade et des chaînes logistiques complètement désorganisées. Cette paralysie des principaux carrefours aériens mondiaux pourrait avoir des conséquences durables sur l'ensemble du secteur du tourisme international.