La gratuité des transports urbains : une révolution en marche pour 3 millions de Français
Gratuité des transports urbains : une révolution en marche

La gratuité des transports urbains : une révolution en marche pour 3 millions de Français

Un tramway circule à Montpellier le 21 décembre 2023, illustrant une tendance de fond dans les villes françaises. Actuellement, près de 3 millions de Français peuvent emprunter les transports collectifs urbains sans débourser un centime. Cette situation est appelée à s'étendre significativement à l'issue des élections municipales des 15 et 22 mars, tant les propositions en faveur de la gratuité, au moins partielle, se multiplient sur le territoire.

Des propositions variées selon les villes et les publics

Les candidats aux municipales rivalisent d'idées pour rendre les transports urbains plus accessibles. À Aix-Marseille, Martine Vassal (divers droite) propose la gratuité pour les plus jeunes. À Toulouse, François Briançon (Parti socialiste) défend une mesure similaire. À Brest, Cécile Beaudouin (La France insoumise) milite pour la gratuité pour tous. À Nice, Christian Estrosi (Horizons) cible les plus de 60 ans. À Lyon, Jean-Michel Aulas (centre et droite) souhaite l'étendre aux personnes ayant des revenus inférieurs à 2 500 euros. À Saint-Étienne, Régis Juanico (PS) propose la gratuité pendant le week-end. Et la liste est encore longue.

Un basculement perçu comme révolutionnaire

Écouter ces candidats en campagne donne l'impression que décider de rendre les transports collectifs gratuits constitue une révolution majeure, un véritable basculement d'un modèle à un autre, quel que soit le public concerné. Pourtant, il s'agit en réalité de l'aboutissement d'un long processus historique au cours duquel la part payée par l'usager des transports urbains a été progressivement réduite à sa portion congrue.

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Un processus engagé depuis des décennies

Selon un rapport de la Cour des comptes publié en septembre 2025, le ratio entre les recettes provenant de la vente de billets et les dépenses d'exploitation, noté « R/D », était de 71 % en 1977. En 2019, ce ratio n'était plus que de 33,1 % si l'on exclut l'Île-de-France, où il s'élève à 45,3 %. Cette évolution chiffrée démontre une nette tendance à la baisse de la contribution directe des usagers au financement des transports urbains.

Un mur à franchir de plus en plus bas

Arnaud Passalacqua, professeur d'urbanisme et coprésident du comité scientifique de l'Observatoire des villes du transport gratuit, résume la situation actuelle : « Le mur qu'il reste à franchir [pour passer à la gratuité totale] n'est plus très haut. » Cette analyse souligne que le chemin vers une gratuité généralisée est désormais largement entamé, rendant cette perspective plus réaliste et atteignable à moyen terme pour de nombreuses agglomérations.

Les débats des élections municipales mettent ainsi en lumière une transformation profonde de la mobilité urbaine en France, où la gratuité des transports apparaît de moins en moins comme une utopie et de plus en plus comme une option politique concrète et réalisable.

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