Les aéroports européens redoutent des perturbations majeures avec le nouveau système EES
Les aéroports et compagnies aériennes européennes ont émis une alerte sérieuse mercredi concernant les risques de graves perturbations du trafic aérien cet été. Cette inquiétude découle de la mise en place progressive du nouveau système d'entrée/sortie dans l'espace Schengen, connu sous le nom d'EES. Les organisations sectorielles réclament une révision immédiate du dispositif pour éviter des conséquences désastreuses pendant la haute saison touristique.
Des files d'attente pouvant atteindre quatre heures
Dans un communiqué conjoint, la branche européenne du Conseil international des aéroports (ACI Europe), l'association Airlines for Europe (A4E) et l'association internationale du transport aérien (IATA) ont souligné que sans mesures correctives rapides, les voyageurs pourraient faire face à des files d'attente pouvant durer jusqu'à quatre heures, voire davantage. Ces perturbations sont anticipées pendant les mois de pointe estivaux, mettant à mal la fluidité des opérations aéroportuaires.
Une lettre au commissaire européen pour signaler les problèmes
Les trois organisations ont écrit à Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, pour attirer son attention sur des temps d'attente excessifs déjà observés. Actuellement, certains voyageurs subissent des délais allant jusqu'à deux heures en raison du déploiement de l'EES. Ce système, destiné à remplacer les tampons manuels, enregistre les coordonnées, données biométriques, ainsi que les dates d'entrée et de sortie des voyageurs concernés, afin de mieux contrôler les dépassements de séjour et les refus d'entrée.
Des défis opérationnels et technologiques persistants
Dans leur correspondance, les organisations ont pointé du doigt plusieurs problèmes majeurs :
- Un sous-effectif chronique des services de contrôles aux frontières, qui aggrave les retards.
- Des problèmes technologiques non résolus liés à l'automatisation des processus, entraînant des dysfonctionnements.
Face à ces enjeux, elles exhortent la Commission européenne à confirmer que les États membres de Schengen conserveront la possibilité de suspendre partiellement ou totalement l'EES jusqu'à fin octobre 2026. Cette flexibilité est jugée essentielle pour atténuer les impacts négatifs sur le trafic aérien.
Un déploiement progressif jusqu'en avril
La mise en œuvre de l'EES a débuté le 12 octobre aux frontières terrestres et maritimes de l'Union européenne, ainsi que dans les aéroports. Selon le calendrier actuel, 35% des visiteurs de pays tiers sont déjà enregistrés dans le système. Ce taux doit atteindre 100% le 10 avril, juste avant le début de la haute saison touristique, ce qui suscite des craintes accrues quant à la capacité des infrastructures à absorber l'afflux de voyageurs.
En résumé, les acteurs du transport aérien européen lancent un cri d'alarme pour prévenir des perturbations estivales majeures, appelant à des ajustements urgents du système EES afin d'éviter des files d'attente interminables et de préserver la qualité du service pour les passagers.



