La Dacia Spring électrique se renouvelle : une petite citadine plus performante mais toujours low cost
Dacia Spring : une citadine électrique renouvelée et low cost

La Dacia Spring électrique : une évolution technique pour une citadine low cost

Cette petite voiture, d'origine roumaine et adoptée par Renault, possède un parcours international fascinant. Née sous le nom Kwid en Inde, elle a été rebaptisée K-ZE en Chine en 2019 avant d'obtenir son visa européen en 2021 sous la marque Dacia. Ce véhicule minimaliste, avec sa motorisation électrique, semblait réaliser l'équation idéale sur le papier : taille compacte, poids réduit, impact environnemental limité et prix abordable. À l'époque, les gros modèles de plus de deux tonnes, conçus pour les longs trajets, n'étaient pas encore matures technologiquement. La situation a heureusement évolué depuis, mais la légitimité d'une petite voiture à batteries pour un usage urbain reste entière.

Un marché de l'occasion en effervescence et une concurrence qui s'intensifie

Alors que le marché de l'occasion pour les voitures électriques connaît une soudaine flambée, l'achat d'un modèle neuf au même tarif présente un intérêt particulier. Surtout lorsque ce véhicule bénéficie d'une série d'améliorations significatives. Malgré l'absence de prime à l'achat en raison de sa construction chinoise, la Dacia Spring continue de dominer face à des concurrentes comme la Leapmotor T03, proposée à un tarif comparable. La future Renault Twingo devrait venir bousculer cet équilibre, mais probablement au détriment de modèles plus établis tels que la Citroën ë-C3 et la Fiat Grande Panda.

À l'intérieur, les plastiques sont durs, mais les ajustages et le design du tableau de bord sont satisfaisants. La précédente version de la Spring, avec son étroitesse et ses roues minces, offrait le choix entre deux moteurs de 45 ou 65 chevaux, alimentés par une batterie NMC (nickel-manganèse-cobalt) d'une capacité utile de 26,8 kWh. La nouvelle mouture adopte un moteur de 70 ou 100 chevaux et une batterie LFP (lithium-fer-phosphate) de 24,3 kWh, tout en revendiquant étonnamment la même autonomie mixte WLTP de 225 kilomètres. Une meilleure aérodynamique expliquerait cette performance, réduisant même la consommation mixte de 13,3 à 12,4 kWh/100 km.

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Une refonte technique presque complète

Derrière ces chiffres, il s'agit pratiquement d'une nouvelle voiture. La batterie est désormais placée au centre, entre les roues, contribuant ainsi à la rigidité du châssis. On attend avec impatience les résultats des crash tests de cette version, alors que le modèle précédent n'avait obtenu qu'une seule étoile aux tests Euro NCAP. La répartition du poids, qui atteint 1 013 kg pour la version haut de gamme, est nettement améliorée, avec 50 kg supplémentaires à l'avant et 10 kg en moins à l'arrière. Les réglages des suspensions et des amortisseurs ont été revus en conséquence, et une barre anti-roulis a été ajoutée à l'avant.

Sous cet angle, l'étroitesse de la Spring reste manifeste, malgré un design habile qui cherche à la masquer. Dacia mise sur des recharges majoritairement effectuées à domicile, reléguant au rang d'option un chargeur capable d'absorber 40 kW, permettant de passer de 20 à 80 % de charge sur une borne publique en 29 minutes. La prise de recharge est située au milieu de la calandre avant, et un coffre complémentaire, appelé « frunk », offre 35 litres supplémentaires aux 288 litres du coffre principal. C'est plutôt bon pour une voiture aussi compacte, mesurant 3,71 mètres de long sur 1,77 mètre de large, même si l'habitabilité semble étriquée, surtout à l'arrière. En revanche, la présentation intérieure de la version Extrême, seule disponible avec le moteur de 100 chevaux, est correcte grâce à un design sympathique autour d'un écran tactile de 10 pouces, malgré l'utilisation de plastiques durs.

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Des compromis liés au low cost

Un bref essai routier permet de rapidement identifier les progrès réalisés, mais aussi les compromis inhérents au positionnement low cost. Le claquement creux des portières, leur légèreté, le garnissage peu enveloppant des sièges, la largeur limitée de l'habitacle au niveau des coudes et l'insonorisation modeste définissent un univers pragmatique qui pourrait paraître fade face aux concurrentes mentionnées précédemment, lesquelles bénéficient de primes écologiques. La Spring ne reçoit qu'une petite prime de 380 euros, portant son prix à 19 700 euros, ce qui ne fait pas une différence significative.

Beaucoup plus agréable à conduire et plus alerte, la Spring est malheureusement bridée par des pneus de mauvaise qualité. Cependant, avec quelques légères retouches de carrosserie, la petite Spring gagne en prestance et semble moins jouet. Ses accélérations sont même convaincantes, passant de 14,8 à 9,6 secondes, lui procurant une véritable agilité en ville où elle se faufile à merveille. Cette agilité se retrouve sur route, mais avec une propension des pneus à perdre l'adhérence, même sur sol sec. Leur origine chinoise et leur manque de grip sont indignes d'une voiture vendue en Europe et dégradent en partie le bon travail effectué sur le châssis. Dacia sait ce qu'il lui reste à faire, mais, face à un tarif non aidé par des primes importantes, la concurrence, autrefois inexistante, va s'exacerber et élargir enfin le choix au bénéfice du client.

Prix : 19 700 euros (version 100 ch Extrême).