Bordeaux-Mérignac : consultation publique sur les vols de nuit jusqu'en 2029
Consultation sur les vols de nuit à Bordeaux-Mérignac

Consultation publique sur les vols nocturnes à Bordeaux-Mérignac

La préfecture de Gironde a lancé, le 30 mars, une consultation publique concernant le projet d'arrêté ministériel visant à instaurer des restrictions d'exploitation pour les vols de nuit à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Cette démarche, présentée comme une première par le ministère des Transports, a pour objectif affiché de réduire les nuisances sonores et environnementales autour de l'aérodrome à l'horizon 2027-2029. La consultation est ouverte jusqu'au 30 juin et a déjà recueilli plus de cinquante contributions.

Une étude d'impact au cœur du projet

Le projet d'arrêté s'appuie sur les conclusions d'une étude d'impact menée selon l'approche équilibrée, réalisée de septembre 2023 à janvier 2025 par une agence de consultants aéronautiques et la Direction interrégionale de la sécurité de l'aviation civile. Cette étude, accessible en ligne, révèle que si le trafic général de l'aéroport a diminué depuis 2019, le nombre de vols nocturnes, entre 22 heures et 6 heures du matin, a augmenté, passant de 5 808 mouvements en 2019 à environ 7 500 en 2023. Sans intervention publique, ce chiffre pourrait atteindre 9 158 mouvements en 2029, soit plus de vingt-cinq vols par nuit. Il est à noter que plus de 70 % des mouvements nocturnes ont lieu entre 22 heures et minuit.

Le scénario B retenu comme compromis

L'étude a comparé six options pour contrer cette tendance. C'est le scénario B qui a été officiellement recommandé, décrit par la préfecture comme le meilleur compromis entre développement économique et préservation de la qualité de vie des riverains. Ce scénario, moins contraignant que d'autres, s'appuiera sur des critères de performance acoustique plus stricts, mesurés en niveau de bruit perçu effectif (EPNdB).

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Les restrictions seront imposées en deux phases : à partir du 31 octobre 2027, puis au 1er janvier 2029. Les avions peu performants, anciens ou standards verront leur activité limitée entre 22 heures et minuit, avec des seuils spécifiques pour les atterrissages et décollages. Ces catégories, ainsi que les avions standard de génération plus récente, seront interdits de mouvement entre minuit et 6 heures. Seuls les modèles au-dessus du seuil de 17 EPNdB, considérés comme performants acoustiquement, pourront circuler de nuit sans restriction. La préfecture avance que ces mesures inciteront les compagnies aériennes à renouveler leurs flottes avec des avions de dernière génération.

Effets attendus et critiques des associations

Selon l'étude, ces restrictions ramèneraient le trafic nocturne à 7 923 mouvements en 2029. Les conséquences sanitaires ont été évaluées, indiquant que 3 098 personnes seraient exposées à un bruit moyen nocturne de plus de 50 dB, et 230 personnes sensibles auraient le sommeil fortement perturbé. Malgré une augmentation du nombre de vols, les nuisances seraient moindres qu'en 2019, assure-t-on.

Cependant, les associations de riverains, comme l'Association eysino-haillanaise de défense contre les nuisances de l'aéroport et Nuisances 11/29, dénoncent une étude biaisée. Elles militent pour la suppression totale des vols de nuit, hors impératif sécuritaire, et un plafonnement des vols de jour. Xavier Petit, président de l'association, déplore que le coût de la santé ne soit pas pris en compte et qualifie l'hypothèse de réduction du bruit d'optimisme technologique illusoire. Isabelle Rigault, vice-présidente de Nuisances 11/29, estime que le scénario B est un acte de renoncement, privilégiant l'économie au détriment des riverains.

Demandes de transparence et prochaines étapes

Les associations critiquent également l'absence d'évaluation sanitaire indépendante, l'étude s'appuyant sur des modélisations abstraites. Elles soulignent que les seuils retenus pour la gêne sonore sont inférieurs aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé. Elles demandent un arbitrage politique transparent de la part des élus de Bordeaux Métropole et espèrent un vote défavorable de la Commission consultative de l'environnement.

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Le projet d'arrêté sera ensuite transmis à l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires pour avis. La préfecture indique qu'il pourra être modifié pour tenir compte des consultations effectuées. Cette consultation publique marque une étape clé dans un dossier qui oppose depuis longtemps les impératifs économiques et les préoccupations environnementales et sanitaires des riverains de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac.