Chronologie de la LGV GPSO : les dates clés du projet Bordeaux-Toulouse-Dax
Chronologie du GPSO : dates clés de la LGV Bordeaux-Toulouse-Dax

Le projet de ligne à grande vitesse (LGV) du Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) reliant Bordeaux à Toulouse et à Dax est marqué par une longue série de rebondissements. Depuis son émergence dans les années 1980 jusqu'aux recours déposés en 2024, voici les dates essentielles de ce feuilleton.

1980-2007 : genèse et premiers financements

Le projet d'une LGV entre Toulouse et Paris voit le jour dans les années 1980. En 1990, le choix d'un tracé passant par Bordeaux est acté, avec la mise en service du TGV Atlantique reliant Paris à Saint-Pierre-des-Corps. Le 30 septembre 1990, le TGV entre pour la première fois en gare de Bordeaux Saint-Jean. En 2002, les études d'opportunité pour la ligne Bordeaux-Toulouse sont lancées, prévoyant des arrêts à Agen et Montauban. En 2006, Réseau ferré de France (RFF) poursuit les études, et un débat public est organisé. En 2007, les collectivités de Midi-Pyrénées s'accordent sur le financement de la ligne Bordeaux-Toulouse.

2009 : le coup de frein environnemental

Le 2 juin 2009, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie demande l'arrêt des études au Pays basque pour des raisons environnementales. Le Collectif des Associations de Défense de l'Environnement du Pays-Basque et du sud des Landes (CADE) se structure et l'opposition à la LGV monte en puissance.

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2012 : le tracé adopté

Le 9 janvier 2012, le tracé des 410 km de voies reliant Bordeaux à l'Espagne et Bordeaux à Toulouse est adopté par le Comité de pilotage du GPSO, malgré les protestations de quelques élus basques. L'objectif est de mettre Bordeaux à 2 heures de Paris en 2017.

2013-2014 : alertes sur le financement

En 2013, le tracé définitif est dévoilé, prévoyant un tronc commun de 55 km depuis Bordeaux, puis deux branches vers Dax et Toulouse. Le 27 juin 2013, le rapport Duron propose un tri sévère parmi les projets de LGV, jugeant trop coûteux ceux au sud de Bordeaux. Le 9 juillet, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault annonce qu'il n'y aura plus de nouvelles LGV excepté Bordeaux-Toulouse à l'horizon 2025. En octobre 2014, la Cour des comptes critique le modèle de la grande vitesse, pointant des promesses de prolongements pour obtenir des financements.

2015 : revirements et déclaration d'utilité publique

Le 30 mars 2015, la commission d'enquête rend un avis défavorable au projet. Mais le 26 septembre, le gouvernement annonce la reconnaissance de l'utilité publique (DUP) pour les lignes Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, provoquant la colère des opposants. Les anti-LGV dénoncent un lobbying des élus et promettent de poursuivre le combat.

2018 : Bordeaux-Dax rayé des objectifs

Le 1er février 2018, le rapport du Conseil d'orientation des infrastructures (COI) recommande de privilégier les trains du quotidien et repousse la LGV Bordeaux-Toulouse à 2033-2037 et Bordeaux-Dax au-delà de 2038. Le 18 juin, le tribunal administratif de Toulouse annule la DUP pour les aménagements au nord de Toulouse, jugeant l'investissement disproportionné. Le Conseil d'État rejette cependant les recours contre la DUP.

2021 : l'État promet 4,1 milliards d'euros

Le 28 avril 2021, le Premier ministre Jean Castex annonce un engagement de l'État à hauteur de 4,1 milliards d'euros pour le GPSO, dont le coût total est estimé à 14,3 milliards. Bordeaux Métropole vote sa contribution de 354 millions d'euros en novembre, tandis que le Lot-et-Garonne et le bassin d'Arcachon refusent. La Région Nouvelle-Aquitaine s'engage à hauteur d'un milliard d'euros en décembre. Une aide européenne de 2,86 milliards est attendue mais contestée.

2022 : ordonnances présidentielles

Le 22 mars 2022, Emmanuel Macron signe trois ordonnances créant des établissements publics locaux pour les projets de LGV, dont Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Les travaux sont prévus pour mi-2024, avec une mise en service de Toulouse à l'horizon 2030.

2023 : appel des maires et nouveau rapport

Le 3 janvier 2023, les maires de Bordeaux, Bayonne et Irun demandent une modernisation de la ligne existante plutôt que la LGV. Le 29 janvier, un rapport du COI préconise de reporter Bordeaux-Dax au-delà de 2038, compromettant le projet. Le ministre des Transports Clément Beaune promet toutefois de maintenir le calendrier.

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2024 : référendum local et nouveau recours

Fin septembre 2024, le député écologiste Nicolas Thierry réclame un référendum local sur le GPSO. Le 22 novembre, plusieurs associations et la communauté de communes de Montesquieu déposent un recours pour suspendre les travaux des aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux (AFSB). L'audience est fixée au 3 décembre.

2025 : premiers travaux et validation judiciaire

Entre fin octobre 2024 et mi-mars 2025, une première phase de travaux AFSB est menée sur 12 km au sud de Bordeaux, puis suspendue au printemps pour protéger les espèces. Le 10 avril 2025, le tribunal administratif de Bordeaux rejette un recours en urgence de la Sepanso, validant l'intérêt public. En septembre, un nouveau recours est rejeté, mais l'Autorité environnementale émet un avis sévère sur les lacunes méthodologiques.

2026 : cap des trois décennies et incertitudes

Début 2026, un avis d'experts souligne une hausse des coûts et des difficultés de financement, rendant les dates de mise en service peu réalistes. La facture dépasse les 14 milliards d'euros, et un recours au privé est envisagé. Les travaux se poursuivent, mais les opposants restent mobilisés, tandis que le débat sur le désenclavement rural s'invite.