Vacances d'été : les Français hésitent et privilégient l'Hexagone
Vacances d'été : hésitations et virage vers la France

Entre inflation persistante et incertitudes géopolitiques, les Français tardent à réserver leurs séjours estivaux et se tournent vers des destinations plus accessibles. La hausse des prix du carburant et la crainte de l'inflation dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient sont passées par là : les Français hésitent au moment de réserver leurs vacances d'été, attirés par des destinations proches, moins coûteuses.

Un attentisme marqué dans le secteur

À Sarlat-la-Canéda, cité médiévale de Dordogne qui attire 4 millions de visiteurs chaque année, « on pense qu'on fera une belle saison, mais tout se décide au dernier moment », explique-t-on à l'office de tourisme du Périgord noir. À moins de huit semaines des départs, les incertitudes géopolitiques suscitent un attentisme du côté des vacanciers, observent les acteurs du secteur. Selon une étude Ifop réalisée pour l'Alliance France Tourisme en mars, 68 % des Français prévoyaient de partir au moins une semaine cet été, contre 77 % un an avant. Seuls 37 % se déclaraient certains de partir, contre 50 % l'an dernier. Ce groupe de réflexion, qui réunit des grandes entreprises du secteur comme Accor ou Air France, cite les tensions internationales et la hausse des coûts, en particulier ceux des transports, sous l'effet du renchérissement des carburants.

Dans les Landes, le syndicat de l'hôtellerie en plein air, qui représente près de 130 campings, a enregistré une baisse globale de 10 % des réservations sur un an, mais « sans être très inquiet », selon son responsable de la communication, Philippe Laplace. « Les réservations d'une année sur l'autre, c'est presque derrière nous », dit-il, mentionnant « l'incertitude », nourrie par « la politique française et la géopolitique : qu'est-ce qui va se passer en Iran, est-ce qu'on va être en rupture de carburant ? ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Même son de cloche du côté du Seto, le syndicat des entreprises du tour operating. « Nous avons affaire à une clientèle très attentiste, qui continue à réserver, mais pas autant qu'attendu », explique Patrice Caradec, son président. « Pour l'été – les départs de mai à octobre –, nous sommes à -5 % en nombre de clients et à -3 % en chiffre d'affaires », précise-t-il. « On nous parle souvent dans les médias d'annulations, de hausses de carburant, beaucoup de messages très alarmistes et qui ne donnent pas véritablement confiance aux Français », abonde Cyrille Fradin, le patron du groupe Karavel, qui comprend Fram et ses quelque 180 agences physiques en France.

Priorité aux destinations nationales

Mais cela ne signifie pas pour autant que les Français vont renoncer à partir. Selon l'étude de l'Alliance France Tourisme, ils s'intéressent aux destinations accessibles et jugées sûres : 71 % choisissent la France (+3 points par rapport à 2025), 23 % l'Europe. Du côté des tour-opérateurs représentés par le Seto, la France enregistre 9 % de réservations en plus cet été par rapport à l'an dernier, souligne Patrice Caradec. « On le voit dans toutes les crises, c'était le cas pendant le Covid, dès qu'il y a un sujet géopolitique, la France, l'Europe sont plutôt bénéficiaires », commente Frédéric Giroir, directeur du voyagiste français Allibert Trekking.

En métropole, selon les recherches de locations de vacances sur Abritel menées entre décembre 2025 et mi-avril 2026, les littoraux méditerranéens et atlantiques figurent toujours parmi les destinations favorites, avec un intérêt croissant cette année pour le nord-ouest et le centre-est. À l'international, les îles d'Europe du Sud, à quelques heures de vol (Paros en Grèce, la Sicile en Italie…) ont vu un net regain d'intérêt, sur la base des recherches d'hôtels effectuées sur le site Hotels.com entre début janvier et mi-avril pour cet été. Autres destinations prisées, l'Italie et l'Espagne continentales, souligne Patrice Caradec. « Les vols long-courriers souffrent beaucoup plus que les moyens courriers », dit-il, même si la République dominicaine affiche une hausse de 11 % du nombre de réservations clients pour cet été, selon le Seto.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

« On a le sentiment qu'une grande partie de notre clientèle ne s'est pas résignée à éliminer l'espoir de partir en vacances à l'étranger l'été prochain. Cela reste une dépense sanctuarisée », estime Patrice Caradec. « Le printemps a été touché, c'est une évidence. L'été est un peu touché, oui. Ensuite, dès l'automne, on peut reprendre des tendances tout à fait normales », juge Frédéric Giroir.