Sumo à Paris : eau, toilettes et sel, les coulisses insolites du tournoi
Sumo à Paris : les coulisses insolites du tournoi

Qui dit sumo dit surpoids et donc certaines contraintes. Si la fine fleur du sumo japonais se déplace à Paris ce week-end pour un tournoi exhibition de deux jours, le premier en plus de 30 ans dans la capitale française, quelques-unes des demandes insolites de la logistique mise en place autour de l’événement peuvent gentiment titiller notre perception occidentale du monde.

L’eau du robinet au peigne fin

Les coiffures élaborées des lutteurs sont un symbole du sumo : leurs cheveux sont manipulés uniquement par des professionnels qui les enduisent de généreuses quantités d’une huile spéciale à l’odeur vanillée caractéristique et les apprêtent en « chignons » dont la forme rappelle une feuille de ginkgo biloba. Pour ne prendre aucun risque, des responsables de l’Association japonaise de sumo sont venus il y a quelques mois s’assurer que l’eau du robinet parisienne conviendrait pour leurs shampoings, en vérifiant notamment sa teneur en calcaire, explique à l’AFP David Rothschild, promoteur du tournoi de ce week-end. Le verdict était positif. Sans quoi ils auraient dû utiliser de l’eau minérale.

Doubles sièges et avions séparés

La délégation de poids (150 personnes dont une soixantaine de sumotoris) qui a fait le voyage depuis Tokyo, a été répartie à bord de deux avions, pour des questions de capacité mais aussi de sécurité, « comme pour les Premiers ministres et présidents qui doivent voyager séparément », explique David Rothschild. Les lutteurs, dont tous les aspects de la vie sont régis par leur classement, étaient assis en première classe pour les champions, en business pour les suivants et en classe économique pour les moins bien classés, qui disposaient tout de même de deux sièges pour loger leur imposante carrure.

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Des toilettes renforcées

Les toilettes de l’Accor Arena de Bercy, où a lieu l’événement, et de l’hôtel des sumotoris, ont également dû être renforcées pour supporter leur poids.

Des tonnes de terre analysées par un ingénieur

Les organisateurs ont fait analyser par un ingénieur agronome la terre employée au Japon à la construction du dohyo (le gigantesque podium surmonté d’un cercle de 4,55 mètres de diamètre où se déroulent les combats) pour chercher un équivalent en France. Ils ont trouvé en région parisienne la perle rare, dont 10 tonnes seront utilisées à l’Accor Arena de Bercy, avec aussi 150 kg de sable et autant de ciment.

Des centaines de kilos de sel de Guérande

Le sel occupe une place prépondérante dans la religion shintoïste d’où sont issus les rituels du sumo, jeté notamment par poignées par les lutteurs avant un combat. Quelque 200 kg de sel de Guérande ont été acheminés à cet effet depuis Le Croisic.

Des costumes sous haute surveillance

La dernière venue des lutteurs de sumo à Paris en 1995 avait été marquée par la destruction de leurs tenues d’apparat dans l’incendie d’un entrepôt à l’aéroport, quelques jours avant l’événement, qui avait obligé les instances du sumo à se faire envoyer en urgence des remplacements. « Ils m’ont tous parlé de cet incendie et de comment ça avait été je pense assez traumatisant », raconte David Rothschild. Il y a donc eu « vraiment des précautions qui ont été prises sur l’acheminement du matériel ».

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