Lovée le long de la Charente, la ville de Saintes est intimement liée depuis deux mille ans à l’eau et à la musique. Voici quatre bonnes raisons de visiter la ville cet été.
L’eau dans son histoire
Le fleuve a toujours été central dans la vie des Saintais, des Gallo-Romains, qui érigèrent des aqueducs pour alimenter la ville et ses alentours, au trafic commercial à partir du Moyen Âge, qui contribua à l’essor économique de cette ancienne ville préfecture. Ce rapport à l’eau se décèle encore dans le patrimoine, comme en atteste la rue des Bateaux, qui garde les traces de ses anciennes rampes de mise à l’eau. La ruelle donne non loin de la place Bassompierre, connectée à la Charente. Ici, au pied de l’arc de Germanicus, sont installées des chaises longues en libre accès, pour profiter de la vue sur le fleuve. Amarrés le long du quai, une gabarre, un bateau-mouche et une péniche-restaurant rappellent ce lien entre passé et présent. L’hiver, il n’est pas rare que le fleuve déborde jusque sur le chemin de halage, aménagé le long du parc Pierre-Mendès-France. L’été, il offre une agréable promenade sous les arbres, et les berges sont de fréquents lieux de pique-niques familiaux.
L’art et paysage
L’eau et la culture sont étroitement liées à Saintes. En plus des aqueducs visibles à Fontcouverte, les Gallo-Romains utilisèrent la Charente pour le fonctionnement de lieux socioculturels, comme les thermes de Saint-Saloine. De cette station du Ier siècle ne subsistent que les fondations et des pans de murs du caldarium (les bains chauds). À deux pas, l’amphithéâtre fut un haut lieu de spectacles de chasse et de combats de gladiateurs, jusqu’à la fin de l’Empire romain. Des fouilles récentes ont mis au jour un ingénieux réseau d’évacuation des eaux, qui dévalait jusque dans la Charente. Après les Romains, le charme du fleuve inspira bien des artistes, d’Évariste Poitevin (1877-1952), dit Goulebenéze, auteur de spectacles en patois, à la romancière contemporaine Madeleine Chapsal. Le plus célèbre d’entre eux, Gustave Courbet (1819-1877), lui consacra une série de toiles, dont le petit « Bord de Charente à Port-Berteau », qui est visible au musée de l’Échevinage.
La musique sacrée
La musique fait également partie intégrante de l’histoire de Saintes. En atteste le musée Dupuy-Mestreau, qui rassemble, parmi divers objets patrimoniaux, une petite collection d’instruments originaux, dont d’étranges pianos transformés en présentoir. L’abbaye aux Dames reste sans conteste l’incarnation la plus forte de ce lien. Des chants qui s’élevèrent dès le Moyen Âge dans ce monastère de bénédictines, à la musique baroque qui résonne régulièrement dans la nef aujourd’hui, la Cité musicale de Saintes n’a pas volé son nom. Depuis un demi-siècle, le monument accueille un festival de musique sacrée de renommée internationale. Il rassemble chaque mois de juillet des dizaines de musiciens venus du monde entier, faisant de l’abbaye la capitale du genre. Pour abriter tous les concerts, les autres sites religieux de la ville sont sollicités, comme la basilique Saint-Eutrope, étape sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Informations pratiques
- Musée Dupuy-Mestreau : Collection d’art régional. Ouvert du mardi au dimanche de 10 heures à 18 h 30. Tarifs : adultes 3 € et gratuit pour les moins de 18 ans. 4, rue Monconseil. Tél. 05 46 93 36 71.
- Musée de l’Échevinage : Collection d’œuvres d’art du XVe au XXe siècle. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h 30. Tarifs : adultes 3 € et gratuit pour les moins de 18 ans. 29 ter, rue Alsace-Lorraine. Tél. 05 46 93 52 39.
- Le Festival de Saintes : du 15 au 22 juillet 2023. Festival de musique classique sacrée à l’abbaye aux Dames, la cité musicale. Programmation : Les Cris de Paris, la Tempête, Gli Incogniti, Graindelavoix, les Surprises, Het Collectief, l’Orchestre des Champs-Élysées… Tarif : de 5 à 55 €. www.abbayeauxdames.org.



