Refuge des Merveilles : rénovation à 3,5 M€, chantier en 2027
Refuge des Merveilles : rénovation à 3,5 M€ dès 2027

Le refuge des Merveilles, perché à 2 130 mètres d'altitude dans le Mercantour, va être entièrement rénové pour un coût estimé à 3,5 millions d'euros. Le permis de construire est en cours d'instruction et les premiers appels d'offres devraient être lancés courant septembre, selon le Parc national du Mercantour, gestionnaire du site.

Le projet, porté par la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM), propriétaire du bâtiment, prévoit un chantier qui pourrait débuter à l'été 2027, si les autorisations, les financements et la disponibilité des entreprises suivent. Le refuge fermerait alors au public dès la fin du printemps, pour une réouverture espérée au printemps 2029.

Un bâtiment centenaire au bout du rouleau

Construit en 1913 pour accueillir les ouvriers du barrage des Mesches, sur la route de Casterino, le bâtiment a été utilisé comme caserne par les soldats italiens pendant la Seconde Guerre mondiale. Cédé au Club alpin français en 1949, il a connu deux extensions, en 1970 puis en 2000, qui ont créé un assemblage hétéroclite. « Le bâtiment était arrivé au bout », confirme l'un des gardiens, Yann Bonneville.

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Aujourd'hui, le refuge enregistre environ 8 000 nuitées par an, principalement des randonneurs venus découvrir la vallée des Merveilles et son site archéologique. Mais son organisation intérieure, ses équipements et certains aménagements ne sont plus adaptés à cette fréquentation, estime la FFCAM. Le bâtiment n'est par ailleurs plus aux normes actuelles, et son aspect architectural tranche avec le paysage environnant, à la limite immédiate de la zone réglementée de la vallée des Merveilles et de Fontanalba, où près de 100 000 gravures rupestres ont été recensées autour du mont Bégo.

Un projet respectueux du site

Le projet retenu, dessiné par l'architecte Nicola Spinetto, a été travaillé avec les Architectes des bâtiments de France et le Parc national du Mercantour. Il a été soumis pour validation à la Dreal et au conservateur régional des monuments historiques. La contrainte était claire : améliorer le fonctionnement du refuge sans augmenter son emprise au sol ni bouleverser sa volumétrie.

La partie historique du refuge sera conservée et ses façades en pierre resteront visibles. Les extensions plus récentes seront habillées d'un bardage en bois, tandis que les différentes toitures seront harmonisées. À l'intérieur, l'aile ouest accueillera les principaux espaces collectifs, avec une salle commune qui s'ouvrira sur le paysage grâce à de larges baies vitrées donnant sur le lac Long supérieur et le mont Bégo. Les espaces de nuit seront regroupés à l'étage, avec sept dortoirs allant de 6 à 22 places, et la capacité globale restera inchangée.

Sobriété et énergie renouvelable

La FFCAM souhaitait améliorer la fonctionnalité du bâtiment sans multiplier les prestations et services. « Cela reste un abri de montagne, pas un hôtel », pointe-t-on du côté de la fédération. Le nouveau refuge ne comportera pas de douches, par exemple. L'eau grise doit en effet être dépolluée avant d'être rejetée dans la nature. Le site étant proche du hameau de Castérino, la FFCAM a fait le choix d'installer des cabines fermées avec lavabos pour que les randonneurs puissent faire leur toilette. Des toilettes sèches seront installées en rez-de-jardin et accessibles à tous.

« Avec l'augmentation de la fréquentation, ça aurait été compliqué de répondre techniquement à cette demande. Et puis, avec les restrictions d'eau, je pense que c'est bien de revenir à une politique de sobriété. Il va falloir faire un gros travail de sensibilisation auprès des gens », concède Aude Pasquier, l'autre gardienne. Côté énergie, le futur refuge combinera panneaux photovoltaïques et thermiques, notamment pour produire l'électricité et l'eau chaude, avec une chaudière à bois en appoint.

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Un chantier complexe et un accueil provisoire

Le coût prévisionnel de l'ensemble, qui comprend les études, les travaux mais aussi l'héliportage des matériaux, atteint 3,5 millions d'euros. Une dépense à la hauteur des contraintes du chantier : ici, à plus de 2 000 mètres d'altitude, aucune livraison ne se fait comme en fond de vallée. Si le calendrier est tenu, les randonneurs devront se passer du refuge pendant près de deux ans, les travaux ne pouvant se faire qu'à la fonte des neiges.

Le refuge fermera sa saison classique le 30 octobre 2026, mais restera ouvert pendant l'hiver, uniquement sur réservation, avant une fermeture plus longue liée au lancement prévisionnel des travaux au printemps 2027. Pour maintenir une présence sur le site pendant la période de chantier, les gardiens ont envisagé de mettre en place un accueil provisoire sur la zone de bivouac située au-dessus du bâtiment. Ils ont sollicité l'aide de l'architecte Nicola Spinetto pour concevoir la demande de permis de construire, obligatoire dans un site classé.

Rien n'est sûr encore, mais sur le papier, les gardiens souhaitent installer un bâtiment modulaire pour accueillir la cuisine, et planter des tentes marabout afin d'offrir un accueil minimum l'été, uniquement pour les accompagnateurs en montagne et les tour-opérateurs qui font tourner l'économie dans la vallée. Le problème reste le coût : les gardiens doivent sortir plus de 80 000 euros pour cela. « C'est assez onéreux parce qu'il faut prendre en compte l'héliportage, explique Yann Bonneville. Et on n'a pas d'aide financière pour l'instant. Donc on n'est pas sûr que ça aboutisse. »

Yann Bonneville et Aude Pasquier attendent l'automne pour arrêter leur décision et solliciter les autorisations auprès des services de l'État. Les informations seront ensuite communiquées sur le site Internet et les réseaux sociaux du refuge.