Megève, entre patrimoine alpin et festivals classiques audacieux
Megève : un havre alpin mêlant luxe et culture classique

Megève, un havre alpin préservé et raffiné

« C’est beau, mais c’est loin », comme le disait Jacques Chirac. Megève se situe à six heures de train de Paris, huit de Marseille et quatre de Lyon. Il faut ajouter une demi-heure de voiture pour le dernier tronçon, parfois effectué en autocar. À l’arrivée, on comprend qu’il fallait mériter ce Pleasantville où les trottinettes sont absentes et où les voitures freinent pour laisser passer les piétons.

Un patrimoine architectural et historique unique

Jean Cocteau affirmait que Megève était le 21e arrondissement de Paris. En réalité, c’est plutôt le 16e bis, dans un temps préservé de l’invasion des cyclistes. Pour une station de sports d’hiver, le paysage est miraculeusement intact, sans bâtiments hideux, avec de jolies boutiques et un panorama imprenable.

L’architecte et designer Henry Jacques Le Même a marqué la région de son empreinte, créant des chalets confortables et élégants aux lignes hardies et aux matériaux nobles. L’un d’eux, un véritable bijou, se loue pour 45 000 euros par semaine hors saison, et jusqu’à 135 000 euros en pleine saison, avec personnel inclus.

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C’est la baronne Noémie de Rothschild qui a transformé Megève en nouveau Saint-Moritz, attirant une clientèle élégante et des artistes. Maurice Ravel a séjourné à l’hôtel du Mont-Blanc en 1919 pour trois mois de repos. Après une balade dans le village, grimpez le long du chemin du Calvaire, visitez les seize chapelles et oratoires, admirez la plus belle vue sur le village et dégustez un excellent menu à 22 euros à l’auberge du Refuge.

Des activités sportives et culturelles diversifiées

Les activités sportives dominent à Megève : ski et patinoire en hiver, cheval et randonnée en été. Des compétitions de haut niveau attirent les amateurs, et le Festival Toquicimes met en valeur la gastronomie de montagne.

La musique n’est pas en reste, avec deux festivals de jazz et de blues en été. Pour combler un manque, l’office municipal de tourisme a collaboré avec le mensuel Diapason et Hopscotch pour créer Classiquicime, un festival de musique classique visant à plaire aux mélomanes et aux néophytes.

Classiquicime : un festival accessible et festif

Pour sa deuxième année, Emmanuel Dupuy et Gilbert Dèsveaux ont bâti un programme de dix concerts sur quatre jours, avec des actions culturelles dans les crèches, écoles et Ehpad. L’accent est mis sur l’accessibilité et l’aspect festif, avec une coupe de champagne Perrier-Jouët à l’entrée du Palais Megève pour affiner l’oreille.

Le premier concert mise sur les Quatre Saisons de Vivaldi revisitées par la culture hip-hop. La musique baroque se marie idéalement avec la breakdance, créant un spectacle étincelant qui a reçu le prix Opus Klassik 2025. Julien Chauvin dirige son ensemble Le Concert de la loge, tandis que le chorégraphe Mourad Merzouki apporte sa touche chorégraphique.

Le feu sacré d’Hervé Niquet et les nuits du piano

Le lendemain, le marché de Megève offre fromages extraordinaires, miels délicieux et charcuterie de pays. Le chef d’orchestre Hervé Niquet, fondateur du Concert spirituel, partage son parcours avec humour, de ses débuts à Abbeville à sa rencontre avec des légendes comme Elton John. Il dirige avec passion deux messes brèves de Mozart, dont la Messe en ré, d’une harmonisation fine et claire.

La « Nuit du piano », soirée exclusivement féminine, présente des œuvres de Mel Bonis par Saskia Giorgini et une sonate de Liszt par Lise de la Salle, malgré une salle peu adaptée aux confidences subtiles.

Enfin, Vincent Dumestre arrive avec son Poème harmonique, promettant d’autres découvertes musicales, comme au Festival de Cracovie la semaine suivante.

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