Après six ans de fermeture, le grand restaurant médocain rouvre grâce à des investisseurs venus de Singapour, et l’hôtel a été complètement refait. C’est bien une nouvelle ère qui commence pour le Cordeillan-Bages, hôtel-restaurant créé en 1989 par Jean-Michel Cazes (1935-2023) à Pauillac, en Gironde, pour booster l’accueil au château de la famille, Lynch-Bages, situé à deux pas de là.
On savait depuis des mois que des investisseurs venus de Singapour – le groupe Como – allaient investir pour refaire les installations d’un hôtel un peu fatigué et relancer une table un temps étoilée mais fermée depuis six ans. Les 28 chambres de l’hôtel ont été complètement refaites par le nouvel exploitant des lieux, le groupe singapourien Como. Mardi dernier était le jour de la présentation officielle du tout nouveau Como Cordeillan-Bages et de sa table, le Cordeillan. Jennifer Piquet-Nicolas, la directrice, mène la visite. Les 28 chambres sont top niveau. Salons douillés, salle de séminaire, bar cosy, terrasses, vérandas et piscine de 25 mètres viennent compléter une offre qui se veut parmi les plus sélectes du Médoc.
Une expérience haut de gamme
« Plus qu’un séjour, nous voulons que nos clients vivent des expériences, qu’ils se sentent bien, pour revenir un jour », explique le Hollandais Ferdinand Wortelboer, quarante ans d’expérience dans le secteur et chef des opérations, basé à Singapour, de Como Hôtels and Resorts. Ong Beng Seng et son épouse Christina Ong, les propriétaires de ce véritable conglomérat du luxe et de l’hôtellerie dans la ville-État, étaient là quelques jours plus tôt pour sceller le partenariat avec la famille Cazes, qui reste propriétaire des murs (Jean-Charles Cazes dirige les propriétés viticoles). Les prestations sont haut de gamme, avec notamment cette piscine de 25 mètres.
Une carte des vins impressionnante
Derrière les fourneaux, les têtes sont également nouvelles. Fabien Ferret, chef triplement étoilé dans le Var (La Table du Castellet) amène son savoir-faire en tant que consultant. « J’aime la cuisine du partage, avec une approche plutôt marine et végétale. » Sur table, chacun appréciera un maquereau à la flamme, velours de noix du Périgord, haricots verts et laurier ; puis un plus classique filet de veau de Bazas, champignons et jus condimenté. Au quotidien, le chef exécutif sera Mathieu Martin, en provenance du Saint-James, un établissement actuellement en travaux situé aux portes de Bordeaux.
Enfin, les clés de la cave sont confiées à Luigi de Paola, venu de Modène (Italie) et qui a passé un BTS viti-oeno à Blanquefort (33) avant d’embrasser le métier de sommelier. Quand il parlera d’un vin à table, l’homme saura bien comment on le fait. Un atout. La carte des vins est impressionnante, avec tous les grands noms du pays. Évidemment, le château Lynch-Bages y occupe une place de choix. Une grande partie des clients de l’hôtel-restaurant, attendus du monde entier dès ce mois de mai, visiteront assurément ce cru classé 1855 qui abrite parmi les plus vastes chais de tout le Bordelais.
Menu midi (entrée, plat, dessert) à 58 euros ; le soir, menu 4 temps (89 euros) ou 6 temps (130 euros). Ouvert tous les jours sauf mercredi et jeudi. Prix moyen d’une chambre : 400 euros. Dans la commune voisine de Saint-Estèphe, la Maison d’Estournel – appartenant à la famille Reybier, château Cos d’Estournel – propose les mêmes standards, avec 14 chambres et Jérôme Banctel, chef triplement étoilé (La Réserve, à Paris) aux fourneaux.



