Kyoto dévoile ses secrets aux voyageurs audacieux
Jamais le Japon n'aura autant séduit les voyageurs français, et l'Exposition universelle d'Osaka ne fait qu'attiser cette passion. Loin des foules qui envahissent les ruelles de Gion, Kyoto réserve ses plus belles surprises à ceux qui empruntent les chemins de traverse. L'ancienne capitale impériale se révèle alors dans toute son authenticité, des jardins secrets aux ateliers d'artisans, des festins de tofu dans les temples zen aux pique-niques au bord de la rivière.
L'expérience ultime : le ryokan Hoshinoya Kyoto
Niché au cœur d'une nature préservée, le Hoshinoya Kyoto offre une retraite exceptionnelle avec seulement vingt-cinq chambres surplombant la rivière Oi. Ignorez la foule du pont Togetsukyo et embarquez pour un quart d'heure de navigation tranquille qui vous mènera vers ce havre de paix. Les bâtiments de bois aux murs enduits de terre se fondent dans la végétation, particulièrement spectaculaire pendant la floraison des cerisiers ou la coloration des érables.
L'expérience sensorielle commence dès l'entrée : déchaussez-vous pour ressentir la douceur des tatamis, initiez-vous aux parfums de l'encens traditionnel, plongez dans un bain aux herbes avant de revêtir un yukata. Le dîner kaiseki, sommet de la gastronomie japonaise, se déguste dans des salons privés avec un service discret et raffiné. Le matin venu, gravissez les deux cents marches menant à un sanctuaire zen oublié des touristes, faites résonner son gong, puis contemplez la rivière depuis les terrasses suspendues, une tasse de thé à la main. À partir de 250 euros la nuit, cette adresse exclusive nécessite une réservation longtemps à l'avance.
Découvertes culturelles hors des sentiers battus
Kyotographie, le festival de photographie, constitue une porte d'entrée idéale pour saisir la vitalité culturelle de Kyoto. Les installations d'artistes renommés comme Martin Parr ou Graciela Iturbide investissent des lieux méconnus, telle la machiya Hachiku-san, maison traditionnelle du début du XXe siècle transformée en hub artistique. Ne manquez pas non plus l'exposition d'Adam Rouhana, The Logic of Truth, visible jusqu'au 11 mai.
Les amateurs de chine trouveront leur bonheur aux puces d'Okazaki, où se mêlent ustensiles de cuisine anciens, vaisselle traditionnelle et objets Americana vintage dans une ambiance conviviale. Pour une pause littéraire, la Kyoto Okazaki Tsutaya Bookstore propose une sélection pointue d'ouvrages spécialisés, des monographies d'artistes rares aux guides sur la pêche à la mouche, le tout accompagné d'un café de qualité.
Artisanat et gastronomie : l'âme de Kyoto
Le Studio Sfera, fondé en 2001 par Shigeo Mashiro, présente des créations contemporaines entièrement réalisées à Kyoto : poteries rares, vaisselle en cuivre, cuillères en bois, et même des accessoires pour chiens. À l'étage, une galerie d'art et un café chuchotant complètent l'expérience.
Pour une initiation au kintsugi, cette technique ancestrale de réparation des céramiques à l'or poudre, rendez-vous au POJ Studio. Cet espace créatif propose également des ateliers de sashiko et une sélection exigeante de poteries contemporaines.
Côté gastronomie, le temple Seigen-in, discret écrin au cœur du célèbre Ryoanji, sert un yudofu (tofu bouilli) accompagné de légumes et de saké, dégusté sur des tatamis face à des jardins secrets. Les plus gourmands se rendront à la biscuiterie Murakami Kaishindo, ouverte depuis 1907, où l'architecture et les décors de l'ère Meiji ont été préservés. On y sert cérémonieusement des madeleines réputées être les meilleures du monde, appréciées même par l'impératrice.
Le jardin impérial de la villa Katsura
Géré par l'Agence impériale, la villa Katsura représente l'apogée du jardin-promenade japonais. Conçu au XVIIe siècle comme une retraite spirituelle, ce lieu rare évoque à la fois les montagnes et les rizières à travers ses pavillons de bambou et de paille. Le palais central impressionne par la pureté de ses lignes, ses toits alignés évoquant le vol des oies sauvages. La visite, en petits groupes guidés par des passionnés, nécessite une réservation auprès de l'Agence impériale ou une bonne dose de chance pour obtenir l'un des rares billets disponibles sur place.
Pour prolonger cette immersion, le livre de François Simon consacré à Kyoto, publié chez Assouline, offre un magnifique souvenir de cette ville qui ne se livre qu'à ceux qui savent prendre le temps de la découvrir authentiquement.



