Klaus Kabelitz, un vétéran du luxe à la tête du Métropole Monte-Carlo
Klaus Kabelitz, un professionnel allemand doté de plusieurs décennies d'expérience dans l'hôtellerie de luxe à Londres et en Europe, vient d'être nommé directeur général du Métropole Monte-Carlo. Ce palace emblématique de l'avenue de la Madone à Monaco accueille ainsi un nouveau patron, succédant à Serge Ethuin, avec la mission de maintenir et enrichir sa ligne directrice de luxe singulier et discret.
Une vocation née dans l'enfance
Enfant dans un petit village près de Dusseldorf, Klaus Kabelitz a été inspiré par le film hollywoodien Grand Hotel avec Greta Garbo, rêvant dès son plus jeune âge à la vie de palace. Cette passion précoce a orienté sa carrière professionnelle, le conduisant à œuvrer pendant plus de quarante ans à la direction de prestigieux établissements hôteliers à travers l'Europe.
Dans un français soutenu, appris à l'école et perfectionné lors d'un séjour professionnel à Genève, il confie : « Mais voilà onze ans que je n'ai pas travaillé dans une ville où on parle français », s'excusant avec humour. À Monaco, il est prêt à rencontrer une clientèle internationale, une habitude acquise au fil de sa carrière.
Les fondements de sa philosophie du luxe
Sa carrière a débuté au sein du groupe Hilton en Allemagne, puis à Londres, où il a acquis de l'expérience dans un grand établissement de 500 chambres. Cependant, il a rapidement choisi de se tourner vers l'hôtellerie de luxe en rejoignant le groupe Four Seasons, alors modeste avec seulement huit hôtels. « Là, j'ai appris que ce qui fait le luxe d'un établissement, ce n'est pas le marbre, les lustres ou l'argent dépensé, mais le personnel et le service qu'il offre. Ce sont les tout petits détails qui font la différence », explique-t-il.
Au début des années 90, il a été chargé d'ouvrir un hôtel à Berlin-Est, dans une Allemagne fraîchement réunifiée. Cette aventure a été un défi majeur, notamment en matière de gestion du personnel, formé dans un style très militaire et peu enclin à l'hospitalité. Klaus Kabelitz a su remodeler l'équipe, attirant rapidement des célébrités comme Arnold Schwarzenegger, venu inaugurer le Planet Hollywood berlinois.
Succès londoniens et discrétion branchée
De retour à Londres au sein du groupe Savoy, il a occupé le poste de numéro deux au Claridge's, où il a repositionné l'hôtel pour attirer les personnalités branchées de la capitale. Un événement marquant fut la venue de Madonna, qui a exigé la privatisation d'un étage en seulement 24 heures. « Un bon exercice », se souvient-il, notant que cette visite a placé le Claridge's sur la carte du cool, suivie par d'autres célébrités comme les Beckham et Tony Blair.
En tant que directeur général du Berkeley à Londres, il a mis en avant le côté discret de l'établissement, attirant des stars qui appréciaient la confidentialité. Un soir mémorable, la reine Élizabeth II et Madonna se sont trouvées dans l'hôtel en même temps, sans que personne ne le sache, sauf une amie de Madonna qui a cru voir un sosie de la reine.
Une carrière diversifiée et un retour aux sources
Klaus Kabelitz a poursuivi sa carrière dans des groupes prestigieux comme Dorchester Collection à Genève et Belmond à Londres. Après la pandémie de Covid, il a accepté de diriger le Seabourn Quest, un palace flottant, avant de retourner à Londres pour repositionner un hôtel à Kensington.
C'est là que la famille Boustany, propriétaire du Métropole Monte-Carlo, l'a contacté pour prendre la direction générale de leur palace monégasque. « L'attraction pour moi, c'était ce côté unique. Les chaînes d'hôtels sont devenues de plus en plus commerciales, et il est plus compliqué de proposer quelque chose de différent aux clients. À Monaco, travailler directement avec un propriétaire que je vois une fois par semaine, c'est une expérience nouvelle dans ma carrière », souligne-t-il.
Défis et perspectives à Monaco
En arrivant à Monaco, Klaus Kabelitz a déjà analysé le marché hôtelier local, qu'il décrit comme très concentré et compétitif. « Mais on est très différents des autres, je crois que c'est notre avantage. Et c'est important de continuer à faire des choses que les autres ne font pas. Je vais proposer mes idées, basées sur mes expériences passées. Les changements font partie de la tradition du Métropole », affirme-t-il.
Il prend les rênes du palace au début de la saison, un moment qu'il considère avec optimisme : « Il n'y a jamais de bon moment pour commencer, mais je suis entouré d'une équipe fabuleuse. La priorité est de bien préparer la saison et d'améliorer constamment nos services ». Avec sa philosophie du luxe discret et son expertise, Klaus Kabelitz vise à perpétuer l'excellence du Métropole Monte-Carlo, en y insufflant de nouvelles idées pour rester unique sur la scène internationale.



