Gstaad, l'élégance discrète des Alpes entre luxe, art et tradition alpine
Gstaad : l'élégance discrète des Alpes entre luxe et art

Gstaad, un refuge alpin d'exception

Imperméable au passage des années, Gstaad conserve, en toute saison, un statut à part dans le monde très codifié des stations de ski huppées. Le village haut perché, qui égrène sur la Promenade les enseignes de luxe les plus convoitées de la planète, maintient un équilibre rare entre tradition alpine et raffinement contemporain. Car Gstaad, plus que n'importe quel autre refuge montagnard, cultive une discrétion presque jalouse.

Sa taille humaine, sa localisation isolée, ses chalets traditionnels préservés et son service chaleureux – autant d'atouts qui nourrissent une exclusivité recherchée par la jet-set. Le jour, on s'abandonne aux soins sur mesure des spas confidentiels avant de flâner entre boutiques pointues et galeries d'art. Le soir, on s'attarde à table et le village révèle son goût pour la fête et la convivialité. Une élégance à bas bruit, faite de bois patiné, de cuisine généreuse, de paysages immaculés l'hiver ou tapissés de vert l'été, qui continue d'attirer initiés, familles et fidèles des sommets.

Tableau alpin : l'art au cœur de la station

Entre deux vitrines de luxe, plusieurs galeries internationales telles qu'Almine Rech ou Gagosian installent leurs accrochages sur la Promenade. D'autres investissent des lieux emblématiques de la station, à l'instar de Hauser & Wirth, installé depuis 2015 au Vieux Chalet, bâtiment historique intimement lié à la figure de Gunter Sachs, mécène flamboyant et collectionneur durablement associé à Gstaad.

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Chaque hiver, la scène artistique change d'échelle avec MAZE Art Gstaad, salon d'art et de design présenté sous la Festival-Zelt. L'événement réunit une sélection de galeries internationales invitées – Pace, Thaddaeus Ropac, Capitain Petzel, Mendes Wood DM, Semiose ou encore Galerie Downtown –, François Laffanour pour le design historique – autour d'un dialogue entre art moderne et contemporain, design du XXe siècle, photographie, livres rares et joaillerie.

On y croise aussi bien des œuvres de Giacometti, Lichtenstein ou Fontana que du mobilier de Charlotte Perriand ou des manuscrits enluminés médiévaux. Une dynamique qui confirme que, à Gstaad, l'art fait pleinement partie du paysage.

Dîner dansant : la Ferme Saint-Amour

La Ferme Saint-Amour a posé ses fourneaux et ses platines au Chlösterli, ancien chalet traditionnel en bois, insufflant à Gstaad son mélange calibré de gastronomie hivernale et de fête. Aux commandes, Éric Frechon (Meilleur Ouvrier de France) signe une brasserie cosmopolite, où les classiques de montagne croisent des accents plus contemporains – vol-au-vent de ris de veau aux morilles, coquillettes à la truffe noire « pour enfants gâtés », risotto aux champignons ou bœuf Wagyu – des plats qui s'arrosent volontiers de cocktails signature et de grandes cuvées.

À la nuit tombée, chanteurs live et DJ prennent le relais : les tables se poussent, les corps s'animent et la Ferme devient l'un des épicentres festifs de la saison. La Ferme Saint-Amour, Gsteigstrasse, 173.

Jusqu'à l'aube : le Gstaad Palace et le GreenGo

On ne présente plus le Gstaad Palace, hôtel mythique, image d'Épinal de la station qui a vu passer dans ses salons les grandes idoles de Hollywood, d'Elizabeth Taylor à Grace Kelly, en passant par Roger Moore. Dès son ouverture, en 1913, ce château néomédiéval dominant le village de ses hautes tours n'a eu de cesse d'évoluer au rythme des époques. Depuis 1971, il accueille aussi l'un des clubs les plus prisés des Alpes : le GreenGo.

Décor seventies, lumière tamisée, piste de danse à taille humaine : le club cultive une énergie intimiste qui séduit la jet-set alpine autant que les habitués. Le DJ résident Jim Leblanc y enchaîne disco revisité, house et classiques fédérateurs, au fil d'une programmation ponctuée de guests. Une manière de vivre ce lieu chargé d'histoire sans forcément y séjourner. Gstaad Palace, Palacestrasse 28.

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Soin de soi : l'Ultima Hotel Gstaad

Dans ses chalets ultra-contemporains, l'Ultima Hotel Gstaad (ouvert en 2016) abrite un spa pensé comme un refuge à l'écart du rythme de la station. Piscine intérieure, jacuzzi, saunes et hammam aromatique composent un parcours complet, dans une atmosphère feutrée appréciée pour son intimité et la qualité de l'accueil. Accessible aussi aux non-résidents à la journée, l'adresse mise sur des soins signés Augustinus Bader, avec une approche orientée récupération et régénération autant que détente. Un lieu pensé pour relâcher la pression après une matinée de glisse. Ultima Hotel, Gsteigstrasse 70.

Au coin du feu : Le Petit Chalet

Dans le jardin du Grand-Bellevue, une cabane en bois discrète accueille l'une des tables les plus chaleureuses du village. Le Petit Chalet cultive l'esprit montagnard dans sa version la plus authentique : poutres apparentes, cuisine ouverte, tables communes et odeur de fondue. À la carte, les grands classiques suisses – raclette, rösti, viandes séchées des Grisons – servis dans une atmosphère conviviale qui attire autant les habitués que les visiteurs de passage. Le Petit Chalet, Grand Bellevue, Untergstaadstrasse 17.

Nuit polaire : Iglu-Dorf

Perché sur les hauteurs du domaine skiable, à 2 000 mètres d'altitude, Iglu-Dorf est un village éphémère sculpté dans la neige, que l'on rejoint en télécabine. Sur place, on alterne vin chaud, cocktails au bar de glace, dîner montagnard et découverte des sculptures temporaires, avant de redescendre les pistes ou de se glisser dans un igloo pour la nuit, emmitouflé dans un sac de couchage grand froid. Une parenthèse ludique qui promet un réveil au sommet. Iglu-Dorf Gstaad. Saanerslochgrat.

Comme à New York : Rag & Bone

Il n'y a pas que des boutiques de luxe à Gstaad : la station fait aussi la part belle aux marques pointues. À deux pas du Grand-Bellevue et de la patinoire, la griffe new-yorkaise Rag & Bone a installé son pop-up saisonnier dans une petite cabane en bois à l'allure minimaliste, clin d'œil alpin à son ADN urbain. Sous son toit en triangle, la marque présente une sélection de pièces hivernales dans un décor brut qui tranche avec les vitrines plus classiques de la Promenade. Rag & Bone. Neueretstrasse 1.