Dax : une ville aux multiples facettes
Célèbre pour ses fêtes animées et ses arènes entourées d'un magnifique parc, Dax n'est pas seulement une ville thermale de premier plan. Son histoire, qui puise ses racines dans l'Antiquité, est de mieux en mieux mise en valeur, offrant aux visiteurs un voyage à travers les époques. À la plume acerbe de Sacha Guitry qui y venait il y a un siècle, on préfère la douce écriture de Pierre Benoit pour évoquer Dax. Dans son beau roman « Mademoiselle de La Ferté », il choisit la ville comme décor et la dépeint dans un univers clément et romantique. Dax est perçue comme une porte d'entrée vers toutes les entités géographiques landaises : celle des pins au nord, de l'appel maritime à l'ouest, de la Chalosse à l'est, des subtiles lumières des barthes au sud. Mais Dax est à part, avec son identité unique forgée par les siècles.
Un patrimoine architectural remarquable
Devenue station thermale à la plus folle des époques, Dax a vu le style Art déco essaimer un peu partout. À l'hôtel Le Splendid bien sûr, cet immense navire blanc arrimé au bord de l'Adour avec son lobby somptueux. Mais aussi dans des maisons privées, comme celle du docteur Daraignez, sur le boulevard de Cuyès. La ville renoue aussi avec son histoire plus ancienne : l'époque romaine. La basilique gallo-romaine est désormais accessible grâce à un joli musée qui nous immerge avec talent dans cette période fascinante. Dax est à redécouvrir, le nez au vent, le regard curieux, pour saisir toute sa richesse.
Les arènes et le parc Théodore-Denis
Inaugurées en mai 1913, les arènes de Dax sont uniques. D'abord parce qu'elles ont vue sur l'Adour et qu'elles se découvrent après un agréable cheminement dans un parc où poussent d'immenses liquidambars. Mais aussi parce qu'elles ont une architecture remarquable. Dessinées par Albert Pomade, elles sont d'inspiration andalouse avec leurs murs blancs soulignés d'arcades aux tons rouges et ocre. La magnifique sculpture de tête de taureau, avec ses entrelacs floraux polychromes, surplombe l'entrée principale. Il faut y venir un jour de corrida aux alentours du 15 août ou pendant le week-end du festival Toros y Salsa, en septembre, pour sentir toute l'effervescence qui règne autour de ces arènes. La chapelle, cachée dans le patio de caballos, accueille une copie de la Vierge de la Macarena de Séville. Avant d'entrer en piste, les toreros viennent lui rendre hommage. Les arènes se visitent du lundi au samedi de 14 h à 18 h, sauf jours fériés et événements.
Le Jardin remarquable du Sarrat
C'est l'un des lieux les plus secrets de Dax, et aussi l'un des plus beaux. Le parc du Sarrat est un poumon vert et paisible au cœur de la ville. Sur 3,5 hectares, à partir de 1943, l'architecte René Guichemerre a édifié un gigantesque arboretum. On découvre plus d'un millier d'arbres : des érables de Colchide, des pins de Monterey, des cyprès chauves, des muscadiers, des noisetiers de Turquie, mais aussi toutes sortes de plantes aquatiques au bord de pièces d'eau. La déambulation est propice au rêve. Clou de la visite : la demeure de cet homme à l'esprit curieux. Elle est de style californien, de plain-pied, largement vitrée. La modernité de cette maison est saisissante.
Les fêtes de Dax
Dans le parcours des fêtes de l'été, celles de Dax sont uniques. Cette explosion en rouge et blanc, ces journées sans autre occupation que rire, manger, vivre jusqu'au bout de la nuit, ont une saveur particulière. C'est aux alentours du 15 août que toute la ville chavire. Une magie que l'on doit à ce mélange bien dosé de culture landaise et hispanique ; à ce pèlerinage qui fait converger chaque soir des milliers de personnes vers les arènes, à ces bandas qui affluent des villages pour submerger la ville de notes de musique. De jour, de nuit, Dax est en mouvement. Perdez-vous dans la fête, participez au karaoké géant des Cantadores, mangez landais dans le parc Roger-Ducos, pénétrez dans les peñas pour mieux comprendre la culture taurine… Ces fêtes sont immanquables.
La basilique gallo-romaine
En quelques secondes, vous voici sous terre ! Et cela participe au plaisir de cette déambulation dans les vestiges gallo-romains de Dax. Ce site découvert en 1978 vient de bénéficier d'une belle rénovation. Nous voici au plus près des fondations d'une basilique civile qui était intégrée au forum d'Aquae, l'épicentre de la vie de la cité au Ier siècle après Jésus-Christ. On mesure très vite que Dax est à l'époque le lieu d'échanges et de passage d'un grand territoire qui s'étend des Landes aux actuelles Pyrénées-Atlantiques. Au fil de la visite de cette basilique surgissent de nombreux objets domestiques, religieux, des bijoux, des jouets, des traces de pas… Jusqu'à la découverte du trésor des halles, un Mercure en bronze et une fine statue d'Esculape. « Un souffle d'émotion traverse cette grotte urbaine », s'exclame Guillaume Cournil, conservateur du musée de Borda.
Musée de l'Aviation légère de l'armée de terre
« C'est ma Joconde à moi ! » sourit le lieutenant-colonel Rat, conservateur du musée de l'Aviation légère de l'armée de terre (Alat). Sa Joconde, c'est un duo : un hélicoptère Hiller 360 et une femme, la générale Valérie André. Avec ces oiseaux à moteurs nés aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, cette neurochirurgienne au caractère trempé a sauvé des dizaines de vie pendant la guerre d'Indochine. Un destin incroyable raconté dans ce musée atypique. Car vous saurez – et verrez ! – tout ici de l'histoire des hélicoptères. Jusqu'à cette étrange « banane volante » imaginée par les Américains, qui ont rêvé très grand, tandis que la France développait son Alouette, modèle de maniabilité et grand-mère des hélicos modernes. Plus qu'un musée militaire, ce site raconte sous ses hangars une conquête de l'air passionnante.
Le moulin de Bénesse-lès-Dax
Sortez de la ville pour visiter le dernier moulin à vent des Landes. Rénové, datant du XVIIe siècle, il a repris du service et, au sommet de sa colline, il semble surgir d'un roman de Pagnol. L'histoire est belle : celle d'un village déterminé qui s'est battu pour sauver ce qui est devenu son symbole. Ce site patrimonial n'est pas juste un monument. Ici, des bénévoles fabriquent des farines bio de maïs ou de sarrasin et les transforment sur place. L'atelier du moulin produit des pains délicieux et des pastis vendus sur place et sur les marchés de la région. Entre site touristique – le moulin se dote cette année de casques pour des visites virtuelles immersives dans le temps – et outil de production pour une alimentation engagée, ce moulin bat très fort ! Il est devenu un incontournable des Landes.
Où boire, où manger à Dax ?
Après des années de léthargie, l'offre gastronomique se réveille à Dax. Ouf ! Nous voici chez Complices : cadre chaleureux, en salle comme dans le patio, tables de bois blond, fauteuils larges, décor moderne. Sophie et Hugo de Brisson de Laroche, mariés dans la vie, se retrouvent aussi dans cette cuisine ouverte. L'équation est simple : « Partir du traditionnel et apporter des touches contemporaines ! » Elle fonctionne. Nous sommes au printemps. Quelques coquillages, des oignons grelots et des petits pois nagent dans une émulsion suave et légèrement acidulée. Une volaille fond en bouche avec des feuilles de chou. La sauce – encore ! – donne envie de tremper son bout de pain. En dessert, œuvre de Sophie, un chou pâtissier tout léger surmonte une crème au pralin. Ces complices ont trouvé le bon tempo !
Où dormir ?
C'est un endroit atypique, qui permet de s'endormir en rêvant devant des dizaines d'œuvres d'art. Annabel Cambriel, architecte de formation, a quitté Toulouse pour revenir chez elle et accompagner ses parents dans la gestion de ce lieu pas comme les autres. Située dans une maison cossue du centre-ville, Chambre d'art se visite au rez-de-chaussée comme une galerie où se côtoient sculptures et tableaux de peintres locaux ou internationaux. On trouve notamment de très belles pièces de l'artiste du verre Xavier Carrère. À l'étage, les cinq suites sont une invitation plus intime à profiter des collections de cette famille qui se passionne pour de nombreux courants picturaux. Les chambres de cette bâtisse du XVIIe siècle sont immenses et pensées avec des espaces comme des boudoirs qui donnent envie de se poser avec un bon bouquin.



