Côte d'Azur : les pros du tourisme face à la baisse de consommation
Côte d'Azur : les pros du tourisme face à la baisse

Alors que la saison estivale 2026 touche à sa fin sur la Côte d'Azur, les professionnels du tourisme dressent un bilan contrasté. Si la fréquentation reste stable, la consommation a nettement baissé, poussant les acteurs du secteur à s'adapter pour négocier le virage de fin de saison. Selon Alain Palamiti, président de l'Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) Antibes-Juan-les-Pins, « les gens sont là, mais ils consomment moins », avec des baisses de chiffre d'affaires allant de -15 % à -20 % pour certains établissements.

Des arbitrages budgétaires qui bouleversent les habitudes

Les restaurateurs sont en première ligne face à ces changements de comportement. Les clients commandent un plat pour deux, sautent le dessert, ou se contentent d'eau en carafe. Ces signaux témoignent d'une baisse du pouvoir d'achat des Français, comme le souligne Alain Palamiti. Eric Abihssira, président de l'Umih Nice Azur et Haut Pays et vice-président national de l'organisation, constate que les touristes qui ne séjournent pas à l'hôtel ont moins tendance à fréquenter les restaurants. Il nuance toutefois : « Heureusement, les étrangers qui passent leurs vacances jusqu'ici ne sont pas concernés. »

La concurrence des supermarchés et supérettes, avec leurs réfrigérateurs de plats tout prêts, est également pointée du doigt. Christophe Souques Bonnet, vice-président de l'Umih restauration Nice Métropole et membre du conseil d'administration national de la restauration, appelle à une remise en question du secteur : « Il faut que l'on trouve des solutions pour préserver notre métier et que le restaurant ne devienne pas une antiquité. » Selon lui, il faut adapter l'offre à la demande tout en maintenant la qualité.

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Une saison sous pression climatique et géopolitique

Les fortes chaleurs et les épisodes de canicule ont également pesé sur la saison, affectant les services du midi et modifiant les commandes. Christophe Souques Bonnet, à la tête des pubs Ma Nolan's à Nice et Cannes, note : « C'est la première fois que je commande plus d'eau et de soft que de bière. » Les réservations de dernière minute se sont renforcées, compliquant la gestion des hôtels. Eric Abihssira relève que certains hôtels, occupés à 50 %, se sont retrouvés pleins le surlendemain, un défi en termes de gestion.

Christine Welter, présidente du Syndicat des hôteliers de Cannes, évoque un début de saison inquiétant en juillet, mais une belle saison au final, notamment grâce aux Américains, qui représentent désormais 16 % de la fréquentation, contre 9 % avant Covid. Elle observe des séjours plus courts en août, concentrés sur les week-ends, avec des visiteurs attirés par des événements comme les Plages électro ou le Bal des fous.

Un bilan global satisfaisant, mais des signaux d'alerte

Eric Abihssira dresse un bilan nuancé : « Mai nous a permis de très bien commencer, juin a été exceptionnel avec le décalage du Grand Prix de Monaco. Par contre, juillet a été poussif, et août fait sonner l'alerte sur notre territoire avec une baisse entre -5 et -15 %. » Il attribue cette tendance à la situation géopolitique, à la hausse du prix de l'essence, et aux incendies du Var. À Cannes, les hôteliers enregistrent une baisse de -5 % pour août, avec un téléphone qui a « arrêté de sonner » entre le 10 et le 18, et des hôtels qui n'affichaient pas complet pour le week-end du 15 août.

Malgré ces difficultés, les indicateurs pour septembre sont positifs, avec des séjours plus longs. Christine Welter se montre confiante, et Eric Abihssira conclut : « C'est une saison qui sera satisfaisante au global. Si le temps est tout aussi clément au début de l'automne, on peut même recevoir du monde à ce moment-là. » Les restaurateurs espèrent ainsi prolonger la saison en terrasse.

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