La Méditerranée, un bassin de croisière en pleine expansion
Les croisières en Méditerranée attirent un nombre croissant de vacanciers, avec une augmentation significative des escales. Deuxième bassin mondial après les Caraïbes, la Méditerranée devrait accueillir environ six millions de passagers cette année, contre quatre millions en 2024, selon les prévisions de l'association internationale des professionnels de la croisière (Clia).
La croissance des escales en France
Sur le littoral français, le cap des 2 000 escales va être franchi cette année, avec 1 885 escales réalisées en 2025, soit une hausse de 11 % par rapport à 2024, réparties sur 22 ports. Cette dynamique s'explique en partie par le contexte international, incitant les voyageurs à privilégier la Méditerranée.
Sète : une stratégie de croissance maîtrisée
À Sète, dans l'Hérault, le port régional a décidé de fixer des limites pour un développement raisonnable. En 2024, la ville a accueilli 28 000 croisiéristes, puis 34 000 en 2025 pour 56 escales. Pour 2026, les prévisions sont de 62 000 passagers en 83 escales, soit une augmentation de 95 %.
Philippe Malagola, président du port, explique cette inflation par l'attrait de la croisière en Méditerranée, la stabilité régionale et l'abri naturel du port contre le vent. Olivier Carmes, directeur général, vise une centaine d'escales d'ici 2030, avec un maximum de 100 000 personnes par an.
Le port mise sur des navires plus petits, limités à 200 mètres de longueur et 600 passagers par escale, contre des unités de 1 600 personnes auparavant. Cette réorientation répond aux critiques post-Covid-19 concernant les très gros navires. Olivier Carmes souligne : "Nous voulons des croisières durables, adaptées à la connexion ville-port."
Des projets d'électrification du quai d'Alger sont en cours, mais nécessitent que les bateaux soient équipés. L'objectif est de favoriser un tourisme vert, avec 50 % des touristes restant à Sète lors des escales, et une incitation à explorer l'arrière-pays et les vignobles locaux.
Port-Vendres : le luxe et l'écoresponsabilité
À Port-Vendres, dans les Pyrénées-Orientales, le port se spécialise dans le très haut de gamme, avec des croisières à environ 1 500 € la journée. En 2025, 9 000 personnes ont fait escale en 34 fois, un record. La compagnie Port-Vendraise limite l'affluence estivale et privilégie les saisons intermédiaires.
"Nous ne sommes pas dans une ville qui peut se permettre d'accueillir un déferlement de touristes comme à Venise", indique-t-on au port. La stratégie repose sur des bateaux de 145 mètres maximum, dans le respect du parc naturel du golfe du Lion, avec des retombées économiques estimées à 155 000 € en 2025.
Un tiers des passagers déjeune à Port-Vendres ou Collioure, tandis que 10 % visitent Carcassonne ou Céret, et 15 % explorent Perpignan ou les domaines viticoles.
Vers une croisière durable
Les ports de Sète et Port-Vendres s'engagent pour concilier développement touristique et respect de l'environnement. Philippe Malagola, également président du club croisière, annonce une étude sur les retombées économiques locales. Cette approche raisonnée vise à assurer une bonne acceptabilité par les populations et à promouvoir un tourisme responsable en Méditerranée.



