Safari au Zimbabwe : un couple français piégé deux jours dans la savane
Couple français piégé deux jours dans la savane au Zimbabwe

Un safari au Zimbabwe tourne au cauchemar pour un couple français

Julie Perré et Julien Gliksman, voyageurs chevronnés et amoureux de l'Afrique, viennent de vivre une expérience traumatisante lors de leur dernier séjour au Zimbabwe. Leur passion pour le continent, visible dans la décoration africaine de leur maison en bois dans l'Agenais, a été mise à rude épreuve lorsqu'ils se sont retrouvés bloqués pendant une nuit et deux jours dans la savane hostile du parc national Hwange.

Une situation qui dégénère rapidement

Ce safari, prévu pour durer seulement quatre heures entre deux portes d'entrée du parc, a viré au drame lorsque les routes principales sont devenues impraticables à cause d'inondations. « Tout allait à l'envers », raconte Julien Gliksman. En empruntant un chemin de traverse, leur voiture de location s'est définitivement enlisée dans le sol meuble, les laissant sans aucun moyen de communication, ni téléphone ni satellite.

Après des heures de tentatives infructueuses pour dégager le véhicule, le couple a dû se résoudre à passer la nuit sur place. « On n'avait pas pris de nourriture, on pensait partir pour la demi-journée », explique Julie Perré. Leurs provisions se limitaient à moins de cinq litres d'eau, un pancake du petit-déjeuner, deux paquets de bonbons et une bouteille de coca à moitié vide.

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Une nuit d'angoisse et de dilemmes cornéliens

Connaisseurs du monde animal, les trentenaires ont vécu une nuit terrifiante, tiraillés entre des choix impossibles. « Il était inconcevable de sortir de la voiture, en raison de tous les prédateurs alentours », détaille le couple, énumérant les éléphants, lions et hippopotames qui rôdaient. Mais rester signifiait s'affaiblir par manque de nourriture et d'eau.

Leur situation était d'autant plus critique que leur entrée dans le parc n'avait pas été répertoriée, empêchant toute alerte aux secours. Sans croiser d'autres véhicules, ils ont documenté leur mésaventure en vidéo, « au cas où notre famille pourrait comprendre ce qu'il s'est passé ».

La décision périlleuse de partir à pied

Le lendemain matin, Julie, très affaiblie, fait un malaise. C'est alors qu'ils prennent la décision risquée de tenter de rallier un camp situé à vingt kilomètres. « Je ne comprends pas comment elle a fait pour marcher », s'émerveille Julien, sapeur-pompier volontaire et formateur en premiers secours.

Avant de partir, il évalue méticuleusement la situation : heure de départ, possibilité de s'enduire de boue pour masquer leur odeur (finalement abandonnée), sens du vent pour éviter les animaux. Muni d'un extincteur et d'un bâton pour paraître plus imposants, le couple se met en chemin après avoir laissé repartir un éléphant mâle posté devant leur pare-brise.

Une marche de survie dans un environnement hostile

Dans leur voiture, ils laissent une lettre manuscrite en anglais détaillant leurs intentions et leur parcours. « Dès que l'on s'est mis en quête de gagner l'autre camp à pied, nous étions des proies », souligne Julien. Julie reste en alerte permanente tandis que Julien se concentre sur l'itinéraire, fractionnant les vingt kilomètres en petits objectifs.

À 800 mètres du lodge, ils découvrent avec effroi des empreintes de pneus mais aussi de pattes de lion. « Après tout ce que l'on a vécu, ce serait injuste de se faire attraper sur les derniers kilomètres », pense Julie.

La délivrance et les séquelles de l'épreuve

Leur arrivée au camp est vécue comme une véritable délivrance. « On nous a confirmé qu'on avait eu énormément de chance », rapportent-ils, conscient du danger permanent des prédateurs environnants.

De retour en France, le couple reçoit de nombreux retours sur leur aventure partagée sur les réseaux sociaux. « On a vécu quelque chose de plus ensemble qui ne peut que nous renforcer », affirment-ils. Mais Julie souffre encore de douleurs physiques et d'un état psychologique vulnérable.

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Malgré cette éprouvante mésaventure, leur passion pour l'Afrique reste intacte. « Pour nos dix ans, on a prévu d'aller au Botswana. Oui, on ira », assure Julie en se tournant vers Julien, déterminée à poursuivre leurs aventures africaines.