Entrer dans la célèbre cathédrale de Cologne, en Allemagne, en dehors des offices religieux coûtera 12 euros pour un adulte à partir de juillet, ont annoncé mardi ses chanoines. Ils justifient la fin de la gratuité par les coûts d'entretien du monument classé au patrimoine mondial.
Exemptions et tarifs réduits
Les moins de 13 ans, ainsi que les personnes handicapées, ne paieront pas pour visiter la nef, ni le trésor et la tour, qui étaient déjà payants pour tous. Les adolescents, apprentis et étudiants bénéficieront d'un tarif réduit à 6 euros. L'accès à la cathédrale restera entièrement gratuit pour les offices et les grandes fêtes catholiques. Les fidèles pourront également accéder au transept nord en dehors des messes. La cathédrale sera ouverte gratuitement lors de deux jours fériés non religieux : le 1er mai et le 3 octobre.
Une nécessité financière
« La nouvelle redevance de visite ne sert pas à faire du profit, mais à assurer la survie même de la cathédrale » à l'entretien « coûteux », a justifié son trésorier Clemens van de Ven dans un communiqué du chapitre, le collège de chanoines qui gère l'église. Outre les frais courants, il met aussi en avant la nécessité de constituer des réserves face aux exigences futures.
Un chef-d'œuvre gothique très visité
Chef-d'œuvre de l'art gothique dont la construction a duré six siècles, du XIIIe au XIXe siècle, la cathédrale est l'une des églises catholiques les plus célèbres au monde. Classée depuis 1996 au patrimoine mondial de l'Unesco, elle accueille annuellement six millions de visiteurs.
Un débat récurrent
Début mars, l'annonce d'un droit d'entrée pour faire face à l'augmentation des coûts d'entretien (16 millions d'euros cette année), et ce malgré la réduction du personnel de 100 à 85 salariés, avait suscité un vif débat. L'ancienne architecte en chef du monument avait notamment estimé que le bâtiment allait perdre son aspect « missionnaire », ouvert à tous, et allait ressembler « davantage à un musée », seulement visité par des personnes aisées.
Mardi, le doyen du chapitre de la cathédrale de Cologne, Mgr Guido Assmann, cité dans le communiqué, a souligné que le chapitre avait « suivi avec attention le débat public » et repris les nombreuses demandes du public d'exempter les enfants.
Écho en France
Ce débat rappelle celui qui avait eu lieu en France fin 2024. Rachida Dati, alors ministre de la Culture, avait suggéré d'instaurer un droit d'entrée de 5 euros à Notre-Dame-de-Paris pour financer la restauration du patrimoine religieux national. Mais le diocèse s'y était opposé, insistant sur le principe de l'accès gratuit défendu par l'Église catholique de France.



